Trois ouragans simultanés dans le Pacifique : le réchauffement climatique en première ligne
Washington, 3 septembre 2026. Trois ouragans imposants parcourent en même temps l'océan Pacifique, un phénomène rare que les scientifiques attribuent au réchauffement des eaux, amplifié par un épisode d'El Niño d'une intensité historique. La tempête tropicale Marie est devenue un ouragan mercredi soir à 600 kilomètres des côtes de Basse-Californie, au Mexique, selon le Centre national des ouragans (NHC) américain. Elle devrait encore gagner en puissance d'ici vendredi.
Un trio d'ouragans qui interpelle
Marie s'ajoute à Lowell et à Karina, ce dernier étant de catégorie 4, qui se déplacent tous deux vers l'ouest. Voir trois ouragans en même temps est « assurément rare », a déclaré à l'AFP Julia Cole, climatologue à l'université du Michigan. Lowell se trouvait à environ 700 kilomètres au sud de Hilo, à Hawaii, et devrait rester un ouragan majeur pendant plusieurs jours, avec des houles dangereuses sur certaines côtes de l'archipel. Le NHC prévient que ses prévisions à long terme sont « plus incertaines que d'habitude ». Hawaii se remet encore des effets de l'ouragan Lala, qui a frôlé la Grande Île le mois dernier, apportant vents destructeurs et crues éclair.
Des eaux record qui alimentent les tempêtes
Les eaux chaudes sont le carburant des tempêtes, et El Niño, en modifiant l'atmosphère, favorise leur intensification. Une succession comparable de quatre cyclones s'était produite en 2015, une autre année marquée par un El Niño intense. « Le système climatique s'est vraiment réchauffé depuis une vingtaine d'années », souligne Benjamin Kirtman, de l'université de Miami, notant que la température des eaux de surface est déjà à des niveaux quasi-record. Selon la NOAA, l'El Niño de cette année a 69 % de chances de devenir le plus intense jamais enregistré. Il provoque déjà des phénomènes météorologiques extrêmes à travers le monde, alors qu'il ne devrait atteindre son pic que vers novembre.
Qu'est-ce qu'El Niño et pourquoi est-il si puissant cette année ?
El Niño survient tous les deux à sept ans, quand les vents d'est qui retiennent les eaux chaudes dans l'ouest du Pacifique faiblissent, permettant à celles-ci de remonter à la surface et de se déplacer vers l'est. Lorsque les températures en surface se maintiennent au-dessus de la normale pendant plusieurs mois, cela provoque plus de tempêtes, avec des répercussions sur l'ensemble de l'atmosphère terrestre. Le climat devient plus chaud et sec dans certains endroits, et plus frais et humide dans d'autres.
Le changement climatique, un amplificateur incontournable
Les scientifiques s'accordent à dire que le changement climatique amplifie les effets d'El Niño. En revanche, il n'existe pas de consensus sur la question de savoir s'il renforce El Niño lui-même, même si des preuves commencent à émerger. Pour nous, Québécois, ces événements nous rappellent l'urgence d'agir pour le climat, alors que notre propre modèle social-démocrate mise sur la protection de l'environnement. Le réchauffement des océans n'est pas une fatalité, mais une conséquence de nos choix collectifs. Il est temps de redoubler d'efforts, ici comme ailleurs, pour préserver notre planète et les générations futures.