Trump brandit la menace de frapper fort l'Iran: le détroit d'Ormuz s'embrase à nouveau
Après un mois d'accalmie relative, le conflit entre l'Iran et les États-Unis a repris de plus belle. Donald Trump a menacé lundi de « frapper fort » Téhéran, alors que les forces américaines ont bombardé des positions iraniennes dans le détroit d'Ormuz, une région névralgique pour le transport pétrolier mondial. Cette escalade, qui survient alors que le conflit entre dans son septième mois, a fait bondir les cours du pétrole et semé l'inquiétude sur les marchés internationaux.
Pourquoi le détroit d'Ormuz est-il si important dans ce conflit?
Le détroit d'Ormuz, par lequel transitaient auparavant environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est au cœur des hostilités. Téhéran en verrouille le passage quasi en continu depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février dernier. Cette situation menace directement l'approvisionnement énergétique mondial et explique la nervosité des marchés.
Quels sont les derniers développements sur le terrain?
Pour la première fois depuis fin juillet, les forces américaines ont annoncé des bombardements contre « deux lanceurs iraniens (de roquettes) sur l'île de Larak », située dans le détroit stratégique. Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), cette attaque a été lancée après que les Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de l'Iran, ont été « observés en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines » à Ormuz.
Les médias iraniens ont fait état de trois morts et sept blessés dans ces frappes. En représailles, Téhéran a attaqué au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis. La Jordanie a dit avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien, tandis que les Émirats ont détecté un drone au-dessus de leurs eaux territoriales, dénonçant « une escalade dangereuse ».
Quelle est la position des dirigeants iraniens et américains?
Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé ne pas vouloir la poursuite de la guerre, estimant qu'elle n'était « ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région ». Il a dit continuer à « œuvrer pour parvenir à un accord ». En déplacement au Kirghizstan pour un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), il a rencontré le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue le rôle de médiateur. Les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine sont également attendus à ce rendez-vous.
De son côté, Donald Trump a averti: « Il y aura une réponse » et « nous allons les frapper fort », selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News. Face à ce conflit impopulaire et à l'approche des élections de mi-mandat, l'administration Trump mise sur la « guerre économique » contre l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales.
Les négociations sont-elles toujours possibles?
Les négociations pour mettre fin au conflit sont dans l'impasse, alors qu'un protocole d'accord conclu mi-juin a volé en éclats le mois suivant. Pour le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, « la solution est claire et simple: les États-Unis doivent respecter leurs engagements et s'en tenir » à ce qui a été signé. « Tout rentrera alors dans l'ordre ».
Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a pour sa part insisté: « On va continuer à faire pression » sur Téhéran, lors de réunions aux États-Unis avec ses homologues des pays du G20.
Quel impact sur les marchés pétroliers?
Ce regain des hostilités a semé l'inquiétude sur les marchés: les cours du pétrole sont repartis en hausse, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars. Un tanker a également été touché par trois « projectiles inconnus » alors qu'il franchissait le détroit dans le sens de la sortie, a affirmé lundi soir l'agence maritime britannique UKMTO.
Les Gardiens de la Révolution ont par ailleurs affirmé avoir abattu deux drones américains au-dessus du détroit d'Ormuz et mis en garde leurs voisins régionaux contre une « riposte bien plus forte » si toute nouvelle « agression » de Washington était lancée depuis leur territoire. Les forces armées iraniennes ont aussi affirmé qu'un « superpétrolier voyou » avait heurté deux mines navales lors d'une tentative « illégale » de franchir le détroit, ce que le Centcom a nié, dénonçant de la « désinformation ».
Les États-Unis, qui imposent un blocus des ports iraniens, se disent prêts « à protéger la libre circulation des échanges commerciaux », le Centcom affirmant avoir « achevé le déminage des voies de navigation internationales ». Une escalade qui laisse présager le pire pour la stabilité régionale et l'économie mondiale.