Québec solidaire lance sa campagne: Ghazal promet un Québec «plus juste, plus vert et plus inclusif»
Dès le coup d'envoi de la campagne électorale, Ruba Ghazal s'est présentée devant les caméras avec une fougue qui ne trompe pas. La candidate première ministre de Québec solidaire n'a pas mâché ses mots, attaquant tour à tour ses adversaires et offrant un discours résolument progressiste, fidèle à la tradition du parti.
«Aujourd'hui, le Parti québécois et le Parti libéral se targuent d'avoir la meilleure équipe pour gérer l'économie. Mais au fond, ils proposent les mêmes vieilles recettes caquistes avec les mêmes ingrédients, qui donnent un goût amer», a lancé la porte-parole, debout sur le quai du Vieux-Port de Montréal, entourée de dizaines de candidats solidaires.
Une offensive contre les «vieilles idées»
Ghazal a particulièrement visé Christine Fréchette, du Parti libéral, et le Parti conservateur. «Christine Fréchette croit que plus de privé, c'est bon pour nos services publics. Elle croit aussi que le laissez-faire du marché va tout régler. Si ça marchait, ça ferait longtemps qu'on s'en serait rendu compte», a-t-elle accusé. «Pire, le Parti conservateur propose de complètement détruire ce qu'on a construit collectivement comme peuple.»
La chef solidaire a également évoqué «l'incertitude provoquée par Trump», désormais une «nouvelle normalité» selon elle. «Cette crise démontre la faiblesse du Québec dans l'économie actuelle», a-t-elle déploré, promettant de bâtir une «économie plus résiliente» grâce à des «services publics qui fonctionnent, d'infrastructures en bon état et de logements abordables qui permettent à tout le monde de vivre dignement».
L'indépendance, toujours au menu
On l'oublie parfois, mais Québec solidaire demeure un parti indépendantiste. Le porte-parole masculin, Sol Zanetti, a abordé la question, et Ruba Ghazal a rappelé avoir signé un livre sur le sujet: Les gens du pays viennent aussi d'ailleurs. «L'indépendance se fait par le peuple et pour le peuple. C'est pas juste l'histoire d'un parti politique», a-t-elle répondu, questionnée sur la différence avec l'offre souverainiste du PQ.
Des sondages inquiétants pour QS
Le défi est pourtant de taille. Le plus récent sondage Léger, réalisé entre juin et août auprès d'environ 11 300 personnes, place Québec solidaire à 7% des intentions de vote à l'échelle nationale, bon dernier tant dans les villes qu'en région. Même l'île de Montréal et les 18-34 ans, des bastions traditionnels du parti, semblent bouder l'orange avec respectivement 11% et 17%.
Malgré ce «vent de face», la leader solidaire refuse de parler de survie. «Les notices nécrologiques, je prends ça avec mon grain de sel», a-t-elle lancé, confiante que les indécis pourraient adhérer à sa cause.
Prochaines étapes
Jeudi soir, la caravane du parti s'est rendue à Sherbrooke pour une activité partisane. Une annonce et des visites sont prévues vendredi dans le chef-lieu de l'Estrie.
FAQ
Quel est le programme économique de Québec solidaire?
Ruba Ghazal promet une «économie plus résiliente» fondée sur des services publics efficaces, des infrastructures en bon état et des logements abordables, dans une perspective de justice sociale et de transition écologique.
Quelle est la position de Québec solidaire sur l'indépendance?
QS est un parti indépendantiste. Ruba Ghazal insiste sur une indépendance «par le peuple et pour le peuple», distincte de l'approche du Parti québécois.
Comment Québec solidaire compte-t-il remonter dans les sondages?
La chef mise sur les indécis et sur un message d'espoir pour un Québec «plus juste, plus vert et plus inclusif», malgré des intentions de vote actuellement faibles.