Gavin McKenna : du Yukon au sommet du repêchage de la LNH
Vendredi soir, à Buffalo, Gavin McKenna entendra très probablement son nom appelé en tout premier lors du repêchage de la LNH. Le jeune attaquant de 18 ans, originaire de Whitehorse au Yukon, a parcouru un chemin semé d'embûches depuis le Grand Nord canadien jusqu'à l'Université Penn State. Son histoire, c'est celle d'un gars qui a refusé la voie facile, qui a su transformer les critiques en moteur, et qui s'apprête à atterrir dans le marché le plus sous pression au monde, Toronto.
Pourquoi le choix de la NCAA a transformé McKenna ?
Il faut le dire, dans le hockey junior canadien, la pression pour rester en Ligue de hockey de l'Ouest (WHL) est énorme. Mais McKenna a décidé de prendre le taureau par les cornes. Considéré comme le meilleur espoir de sa catégorie d'âge depuis la saison 2023-2024, où il a amassé 97 points en 61 matchs avec les Tigers de Medicine Hat, il a ensuite enchaîné avec 41 buts et 129 points en 56 rencontres.
Plutôt que de retourner dans la WHL, il a annoncé son arrivée à l'Université Penn State sur la chaîne ESPN. C'était un coup de tonnerre. La NCAA venait tout juste de lever son interdiction envers les joueurs de la LCH, et McKenna a sauté sur l'occasion. Il a misé sur lui-même. Il a choisi la voie la plus difficile pour prouver qu'il pouvait rivaliser avec des joueurs plus âgés et plus physiques. Dan Marr, le responsable du recrutement central de la LNH, l'a d'ailleurs souligné avec justesse. S'il était retourné chez les juniors, il aurait encore amassé des points. Mais en affrontant un style de jeu différent à la NCAA, il s'est préparé beaucoup plus rapidement pour la LNH.
La leçon de ping-pong et la résilience face aux critiques
Parler de Gavin McKenna, c'est parler d'un compétiteur féroce. L'entraîneur-chef de Penn State, Guy Gadowsky, l'a appris à ses dépens, et ce, au tennis de table.
Ce n'était pas drôle, car j'avais réussi à le battre lors de son voyage de recrutement. Puis je l'ai battu en début de saison, et assez régulièrement. Il n'a cessé de s'améliorer, encore et encore. Et au final, je pense qu'il m'a probablement battu plus souvent que n'importe quel autre joueur.
Ce petit jeu de ping-pong en dit long sur la psychologie du personnage. McKenna mesure 5 pieds 11 et pèse 170 livres. Il a eu besoin de toute la première moitié de la saison pour s'adapter au hockey de la NCAA. Les médias ont commencé à le descendre en flèche. Au lieu de se laisser abattre, le gars de Whitehorse a transformé ce ras-le-bol en moteur. À son retour du Championnat du monde junior, en janvier, il a explosé. Il a récolté 32 points en 17 matchs, terminant au quatrième rang national avec 51 points, dont 15 buts et 36 passes, en 35 rencontres.
Quand on se voit au sommet dès son plus jeune âge, puis qu'on commence à lire dans les médias que l'on est en train de sombrer, je pense que ça nous motive énormément. J'en avais ras-le-bol de voir ça, alors je m'en suis servi comme d'un moteur.
C'est le genre de discours qui résonne. Le travail acharné comme clé de la confiance en soi, ce n'est pas juste une belle phrase de circonstance pour McKenna. C'est son mode de vie. Il a très vite compris que le travail acharné est la clé de la confiance en soi.
Les Maple Leafs de Toronto : un marché sous haute pression
Tout indique que les Maple Leafs de Toronto auront le premier choix, vendredi soir. Les dirigeants ont rencontré McKenna à plusieurs reprises, allant même jusqu'à visiter Whitehorse. Mark Leach, le directeur du recrutement amateur des Leafs, est tombé sous le charme de son caractère exceptionnel, soulignant qu'il entraîne les autres dans la bataille, à l'entraînement comme en match.
Mais passer du Yukon à la métropole ontarienne, c'est un choc culturel monumental. Whitehorse compte environ 39 000 habitants. Toronto, c'est la mégapole, le centre de l'univers hockey. C'est aussi un marché qui dévore ses idoles. Gadowsky en est convaincu, McKenna a la tête qu'il faut pour gérer cette exposition médiatique. Parmi tous les joueurs qu'il a côtoyés, il n'y en a aucun sur lequel il parierait davantage que McKenna pour gérer ce bruit.
McKenna pourrait devenir le deuxième joueur du Yukon sélectionné au premier tour, après Dylan Cozens, un ami de la famille, qui avait été choisi en septième position par les Sabres de Buffalo en 2019. Pour un gars qui a quitté sa ville natale il y a six ans pour tracer sa route, c'est l'aboutissement d'un rêve.
Si j'étais un jeune garçon et que je me disais que c'est là que je serais, ce serait un rêve devenu réalité. C'est quelque chose dont je suis très reconnaissant, et que je ne tiendrai jamais pour acquis.
Qui est le favori pour le premier choix du repêchage de la LNH ?
Gavin McKenna est considéré comme le favori absolu pour le premier choix. Bien que l'attaquant suédois Ivar Stenberg et le défenseur américain Chase Reid soient aussi cités comme potentiels premiers choix, le responsable du recrutement de la LNH, Dan Marr, a clairement indiqué qu'il ne passerait pas à côté de McKenna.
Pourquoi Gavin McKenna a-t-il quitté la Ligue de hockey de l'Ouest ?
McKenna a quitté la WHL pour rejoindre l'Université Penn State afin de se mesurer à des joueurs plus âgés et plus physiques dans la NCAA. C'était un choix délibéré pour se préparer plus rapidement à la LNH, plutôt que de simplement accumuler des points dans les ligues juniors.
D'où vient Gavin McKenna ?
Gavin McKenna est originaire de Whitehorse, la capitale du Yukon. Il a quitté sa ville natale il y a six ans pour poursuivre son développement hockey, entamant un parcours semé de défis qui le mène aujourd'hui au sommet du repêchage mondial.