Plus de 100 morts en Inde : les pluies de mousson font des ravages, le changement climatique pointé du doigt
New Delhi — Depuis le début juillet, les pluies de mousson torrentielles ont causé la mort de plus de 100 personnes en Inde, forçant des milliers d’autres à évacuer. Le bilan, publié mercredi par les autorités, est lourd et les images qui nous parviennent sont déchirantes. C’est une tragédie humaine qui s’ajoute à une série de catastrophes météorologiques de plus en plus fréquentes, et qui soulève des questions brûlantes sur notre responsabilité collective face au réchauffement climatique.
Un nord-est dévasté
Dans l’État d’Assam, au nord-est du pays, la situation est particulièrement critique. Le chef du gouvernement local, Himanta Biswa Sarma, a confirmé qu’au moins 87 personnes y ont perdu la vie. La région de Sivasagar est la plus touchée avec 47 morts, et plusieurs zones restent sous les eaux. « La dévastation ici est sans commune mesure par rapport à tout ce que ces régions ont connu par le passé », a-t-il écrit sur X, un constat alarmant qui résonne comme un signal d’alarme.
Les autorités locales ont lancé un appel à la population pour des dons financiers destinés aux secours et à la reconstruction. Des photos de l’AFP montrent des secouristes transportant des sinistrés sur des embarcations gonflables, tandis que d’autres tentent de rejoindre des zones plus élevées sur des radeaux de fortune. Une image de détresse qui nous rappelle la vulnérabilité des populations les plus exposées.
Le Kerala et le Jammu-et-Cachemire aussi frappés
Au Kerala, dans le sud du pays, le ministre en chef V. D. Satheesan a fait état d’au moins 15 morts et de sept personnes portées disparues. Plus de 10 000 habitants ont trouvé refuge dans quelque 300 centres d’hébergement d’urgence. Les pluies continues provoquent des glissements de terrain et des crues qui menacent encore davantage de vies.
Dans le territoire himalayen du Jammu-et-Cachemire, frappé par 35 épisodes de pluies diluviennes soudaines, au moins 31 personnes ont péri, selon la chaîne publique de télévision. Une région montagneuse où les glissements de terrain sont particulièrement meurtriers.
La foudre tue dans le Bihar et le Jharkhand
Dans les États du Bihar et du Jharkhand, au nord-est, au moins 22 personnes sont mortes après avoir été frappées par la foudre depuis mardi. Parmi les victimes, on compte en majorité des agriculteurs travaillant dans les rizières et des éleveurs, ainsi que quatre enfants. Une tragédie qui frappe les plus vulnérables, ceux qui travaillent la terre pour nourrir le pays.
Le Sri Lanka voisin n’est pas épargné
Les pluies de mousson, qui représentent de 70 à 80 % des précipitations annuelles en Asie du Sud, sont essentielles à l’agriculture et à l’industrie. Mais elles sont aussi de plus en plus meurtrières. Au Sri Lanka, les pluies exceptionnellement abondantes ont provoqué des crues et des coulées de boue, faisant au moins huit morts depuis lundi. Environ 12 000 habitants du centre de l’île ont dû évacuer leurs maisons inondées. Pendant ce temps, l’est du pays souffre d’une sécheresse telle que les autorités doivent acheminer de l’eau potable par camions-citernes. Un contraste frappant qui illustre les extrêmes climatiques.
En juillet, le gouvernement sri-lankais avait averti que le pays devait se préparer à une sévère sécheresse avant des inondations potentiellement dévastatrices provoquées par El Niño. Les autorités n’ont pas encore évalué les pertes économiques, mais un groupe de travail interministériel a été mis en place pour en limiter l’impact.
Le changement climatique en cause
Les scientifiques estiment que le réchauffement climatique augmente la fréquence et l’intensité de ces phénomènes météorologiques extrêmes. El Niño, un phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans, réchauffe les eaux de surface du Pacifique équatorial, modifiant les régimes de vents et de précipitations à l’échelle mondiale. Cette année, la plupart des modèles prédisent un épisode El Niño d’ampleur exceptionnelle, potentiellement le plus fort jamais enregistré. Et ce, dans un contexte de réchauffement planétaire provoqué par les humains.
On ne peut plus fermer les yeux. Chaque inondation, chaque glissement de terrain est un rappel brutal de l’urgence d’agir pour le climat. Ici au Québec, on regarde ces images avec un sentiment d’impuissance, mais aussi avec la conviction que notre modèle social-démocrate, notre engagement pour l’environnement et notre défense de la francophonie nous donnent une responsabilité particulière. Il faut parler fort, exiger des actions concrètes et ne pas laisser les grandes puissances faire la sourde oreille. La solidarité internationale, ce n’est pas qu’un slogan. C’est une nécessité.
Photo: La Presse.ca