Washington a mené lundi des frappes limitées sur l'île iranienne de Qeshm, au cœur du détroit d'Ormuz, à la veille des élections de mi-mandat américaines, selon des informations rapportées mardi par La Presse.ca.
Cette attaque, révélée par le Wall Street Journal, s'ajoute à deux autres dossiers brûlants qui ont animé la nuit : la confirmation par le Kremlin de nouvelles négociations sur l'Ukraine prévues les 10 et 11 novembre à Abou Dhabi, et la première réunion des chefs de l'opposition israélienne après des législatives qui n'ont dégagé aucune majorité.
Des frappes « limitées » et « défensives » sur l'île de Qeshm
Cibles : l'île iranienne de Qeshm, située dans le détroit d'Ormuz, ce passage stratégique par transite une bonne partie du pétrole mondial. Selon le Wall Street Journal, les frappes ont eu lieu lundi, soit la veille du scrutin de mi-mandat aux États-Unis.
L'agence de presse officielle iranienne Irna avait auparavant fait état de cinq explosions entendues sur l'île, et rapporté que des habitants avaient aperçu deux avions dans le ciel.
Des responsables américains anonymes, cités par le Wall Street Journal et plusieurs autres médias, ont précisé que ces frappes s'inscrivent dans une série d'opérations « limitées » et « défensives » menées ces dernières semaines. Elles n'ont pas été annoncées publiquement, toujours selon ces sources, afin d'éviter de donner l'impression que Washington entendait reprendre des opérations de combat de grande envergure.
Sollicité par l'AFP, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient n'a pas donné suite dans l'immédiat. L'armée israélienne a affirmé mardi à l'AFP ne pas être impliquée.
Donald Trump, confronté à des élections de mi-mandat difficiles, a de son côté laissé entendre qu'un accord avec Téhéran « pourrait arriver ». Une affirmation à prendre avec la prudence qu'on lui connaît, surtout quand les bombes tombent en silence sur des îles du Golfe.
Le contexte régional reste explosif, comme le rappelle le bilan de l'attaque attribuée aux rebelles yéménites pro-iraniens rapporté par Franceinfo, qui fait état de 12 morts et de plus de 300 blessés. Le dossier iranien, suivi de près par Le Parisien, continue d'alimenter les inquiétudes sur la stabilité du Moyen-Orient.
Ukraine : le Kremlin confirme des pourparlers trilatéraux à Abou Dhabi
Changement de théâtre, même ambiance de tension. Le Kremlin a confirmé mardi qu'une délégation russe participera, les 10 et 11 novembre à Abou Dhabi, à de nouvelles négociations trilatérales avec Kyiv et Washington pour tenter de trouver une issue diplomatique au conflit en Ukraine.
« Oui, je peux confirmer cette date. Une délégation russe se rendra effectivement à Abou Dhabi, les 10 et 11 novembre, et participera aux négociations trilatérales », a indiqué le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.
L'émissaire américain Steve Witkoff avait annoncé lundi la tenue de ces négociations aux Émirats arabes unis. Dmitri Peskov a précisé que le négociateur Vladimir Medinski dirigera à nouveau la délégation russe, comme lors du précédent cycle de négociations, mené en début d'année puis suspendu après la guerre contre l'Iran lancée par Washington et Israël.
Ce conflit au Moyen-Orient a éclipsé pendant plusieurs mois le dossier ukrainien dans les priorités de l'administration américaine. Pour qui suit la défense du droit international, cette relance des pourparlers est une lueur, certes fragile, dans un dossier que l'offensive russe à grande échelle de février 2022 a plongé dans la tourmente.
Rappelons que la dernière rencontre trilatérale entre délégations russe, ukrainienne et américaine a eu lieu mi-février à Genève, sans aboutir à un règlement du conflit.
Israël : l'opposition tente de s'unir après un scrutin sans majorité
Troisième front, diplomatique celui-là. Les dirigeants du bloc de l'opposition israélienne se sont rassemblés mardi pour leur première réunion après les législatives, avec un mot d'ordre : s'accorder, malgré leurs divergences, pour permettre au centriste Gadi Eisenkot de tenter de former un gouvernement.
La rencontre s'est tenue en fin de matinée dans un hôtel d'Herzliya, selon l'AFP. Elle visait à « discuter et à coordonner les prochaines étapes », a indiqué le parti Yashar de M. Eisenkot.
Le rendez-vous réunit un éventail politique étourdissant : M. Eisenkot, les ex-premiers ministres Yaïr Lapid et Naftali Bennett, le dirigeant de la gauche Yaïr Golan et le nationaliste Avigdor Liberman. Des alliés de circonstance qui n'ont pas grand-chose en commun, sinon le souhait de déloger Benyamin Nétanyahou.
Car le problème est arithmétique. Les élections du 27 octobre n'ont dégagé aucune majorité : ni pour la coalition de M. Nétanyahou (53 sièges), ni pour le camp emmené par M. Eisenkot (48 sièges). Les deux blocs doivent maintenant trouver un moyen d'élargir leur base pour atteindre les 61 sièges nécessaires pour gouverner.
Les tractations post-scrutin prennent généralement du temps en Israël, et les discussions d'Herzliya pourraient n'être que les premières d'une longue série.
Questions fréquentes
Où les États-Unis ont-ils frappé en Iran ?
Les frappes américaines ont visé lundi l'île iranienne de Qeshm, située dans le détroit d'Ormuz, selon le Wall Street Journal.
Quand auront lieu les négociations sur l'Ukraine ?
Elles se tiendront les 10 et 11 novembre à Abou Dhabi, avec des délégations russe, ukrainienne et américaine, a confirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Qui a gagné les législatives israéliennes du 27 octobre ?
Personne. La coalition de Benyamin Nétanyahou compte 53 sièges et le camp de Gadi Eisenkot en compte 48, alors qu'il en faut 61 pour gouverner.
