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Méta-titre : Cégep Limoilou : une journée pour former des leaders en innovation
Méta-description : Alors que l'innovation recule dans les entreprises québécoises, le Service aux entreprises du Cégep Limoilou lance une formation d'un jour basée sur le jeu sérieux.
Mots-clés : Cégep Limoilou, formation innovation, entreprises québécoises, jeu sérieux, productivité Québec
Catégorie : Économie et éducation
Image à la une : Des dirigeants d'entreprise réunis autour d'une table de jeu pendant un atelier de formation en innovation. Photo : La Presse.ca
Article
Le Cégep Limoilou s'attaque au déclin de l'innovation au Québec. Son Service aux entreprises (SAE) lance « Leader en innovation », une formation d'une journée destinée aux dirigeants qui veulent structurer leur stratégie sans se ruiner en consultants.
Le contexte donne du poids à l'initiative. Selon des données rapportées par La Presse.ca, la part des entreprises québécoises menant un projet d'innovation est passée de 69 % à 55 % en deux ans. Un recul qui inquiète à juste titre, alors que le ministre de l'Économie, Stéphane Paquet, estime lui-même que le Québec est condamné à innover, comme le rapportait récemment La Tribune.
« Ça faisait aussi un moment qu'on entendait le ministère de l'Économie parler de retard de productivité », explique Marie-Ève Gagnon, directrice du SAE et de la formation continue du Cégep Limoilou. « On voulait aider les entreprises à sortir des sentiers qu'elles empruntaient. »
Elle évoque aussi le « changement de paradigme avec notre principal partenaire commercial », une formule pudique pour décrire les secousses commerciales venues du sud de la frontière. Quand les règles du jeu changent sous nos pieds, innover n'est plus un luxe, c'est une condition de survie.
Une idée venue de France, adaptée pour le Québec
La formation a été conçue en France par Johan Claire, un spécialiste de l'innovation qui participe aux travaux internationaux de normalisation de l'ISO. Elle est déjà offerte dans 15 pays. Martial Dubois la déploie maintenant au Québec, et son arrivée a été bien accueillie à Limoilou.
« On s'est dit que c'était exactement le genre de formation dont les entreprises avaient besoin pour innover davantage », raconte Marie-Ève Gagnon.
L'idée de fond est simple : rendre accessibles les meilleures pratiques de gestion de l'innovation, souvent réservées aux initiés. Et pour y arriver, on mise sur une méthode qui sort des sentiers battus de la formation continue : le jeu sérieux.
« Depuis 30 ans, on nous dit que pour innover, il faut faire de la recherche et développement, user de créativité, exercer un leadership ou mettre en place un outil de veille stratégique », résume Martial Dubois. Sa réponse tient en une phrase : « La solution, c'est de mettre un petit peu de tout ça et de faire sa propre recette. »
Comment ça se passe, concrètement ?
La journée, qui dure sept heures, commence par démystifier l'innovation. « On se dit que c'est forcément une affaire de technologie, d'investissement majeur. Alors que pas forcément », nuance Martial Dubois. Innover, ça peut aussi vouloir dire améliorer ses processus ou répondre plus finement aux besoins des clients. Bonne nouvelle pour les PME qui n'ont pas les moyens d'un laboratoire de R et D.
Ensuite, place au jeu de table. Pendant trois à quatre heures, cartes et pions en main, les participants dirigent une organisation fictive et élaborent une stratégie d'innovation. Au fil d'une année simulée, des événements viennent bousculer leurs plans et les forcent à ajuster leurs priorités.
C'est là que la méthode prend tout son sens, selon Martial Dubois. « Le meilleur moyen pour développer sa posture en matière d'innovation, c'est d'expérimenter. Et le savoir-être, ça se développe juste en faisant les choses. »
Marie-Ève Gagnon s'est elle-même prêtée au jeu. « La formule de jeu sérieux n'est pas très répandue en formation continue. C'est ludique, mais ça permet de voir l'effet des décisions qu'on prend sur notre stratégie d'innovation. »
La journée se termine par un retour sur les apprentissages et l'identification des pratiques à mettre en place dans son organisation. On ne repart pas avec un plan de transformation complet, mais avec des leviers concrets.
Pour qui, et pourquoi maintenant ?
La formation visait d'abord le secteur manufacturier, mais elle s'adresse finalement à tous les types d'organisations, du commerce de détail aux services professionnels.
« Ça peut faire peur d'entrer en innovation parce que c'est gros. On peut ne pas savoir comment s'y prendre », reconnaît Marie-Ève Gagnon. L'ambition n'est donc pas de transformer une PME en une journée, mais de lui donner les moyens d'amorcer le changement. « La formation permet d'aller chercher quelques leviers à renforcer dans son organisation ou de trouver un début de recette à appliquer. »
C'est une approche qui fait sens pour le réseau des cégeps, dont la mission première est justement de coller aux besoins des régions et de leur économie, comme le rappelle la page Wikipédia consacrée au cégep. Le Cégep Limoilou, qui offre aussi des formations accélérées permettant notamment à des immigrants diplômés de retourner travailler comme infirmiers, selon Radio-Canada, confirme son rôle de partenaire du développement régional. Les quatre cégeps de la région de Québec, dont Limoilou, tiendront d'ailleurs leurs portes ouvertes les 7 et 14 novembre 2026, comme l'ont annoncé Les Affaires et le Newswire.
Dans un contexte où le retard de productivité du Québec fait les manchettes et où nos entreprises doivent composer avec des marchés instables, ce genre d'initiative mérite mieux qu'un haussement d'épaules. Notre modèle social-démocrate a toujours reposé sur des institutions publiques qui outillent la collectivité, et les cégeps en sont le cœur battant.
Si le Québec veut rester maître de son économie, il devra miser sur ce qui a fait sa force : des institutions d'ici, au service des gens d'ici. La formation « Leader en innovation » du Cégep Limoilou en est un bel exemple.
FAQ
Qu'est-ce que la formation « Leader en innovation » du Cégep Limoilou ?
C'est une formation d'une journée offerte par le Service aux entreprises du Cégep Limoilou, conçue pour aider les dirigeants à bâtir leur stratégie d'innovation à l'aide d'un jeu sérieux.
Qui a conçu cette formation en innovation ?
Elle a été conçue en France par Johan Claire, spécialiste de l'innovation impliqué dans les travaux de normalisation de l'ISO, et elle est déjà offerte dans 15 pays.
Pourquoi le Cégep Limoilou lance-t-il cette formation maintenant ?
Parce que la part des entreprises québécoises menant un projet d'innovation a reculé de 69 % à 55 % en deux ans et que le ministère de l'Économie parle d'un retard de productivité, selon La Presse.ca.
