40 ans et pas riche? Voici comment faire travailler votre argent
Cet été, en vacances, j'ai vu un slogan sur un véhicule récréatif: «Un emploi remplit vos poches. L'aventure remplit votre âme.» C'est quétaine, je vous l'accorde, un peu comme ces loups qui hurlent à la lune peints sur les VR. Mais il y a du vrai là-dedans.
Si je pouvais améliorer la formule, je dirais plutôt: «Un emploi remplit vos placements. Vos placements remplissent vos poches. L'aventure remplit votre âme.» Ça coule moins, mais c'est une bien meilleure façon de voyager.
Le portefeuille qui se vide trop vite
Pour la plupart des gens, la vie financière ressemble à un portefeuille. L'emploi le remplit, les dépenses le vident, et on répète l'exercice aux deux semaines. Jusqu'au jour où on magasine des couches pour adultes ou qu'on s'inscrit à l'aquaforme du mardi, dirigée par Paulo et son immense haut-parleur aux lumières chatoyantes.
Ce n'est pas une mauvaise approche en soi, mais elle est limitée. Si l'inflation décolle ou qu'une grosse dépense imprévue survient, le portefeuille se vide trop vite. On s'endette, et on travaille désormais pour la banque.
Le cas de Michelle et Alexandre: stagner à 150 000 $ de revenus
Cette image m'est revenue en lisant l'article de ma collègue Martine Letarte sur les jeunes parents qui stagnent financièrement. Michelle et Alexandre, 39 ans, gagnent près de 150 000 $ par année, mais trouvent qu'ils ne s'enrichissent pas assez vite. Leurs placements? 158 500 $ en REER et 3700 $ en CELI.
Bon, 160 000 $, ce n'est pas «pas d'argent». Mais une partie du REER appartient au gouvernement, et la quasi-totalité (150 000 $) est dans un REER collectif, souvent inaccessible. C'est de l'argent pour la retraite, dans 25 ans. Pour deux épargnants motivés avec des revenus supérieurs à la moyenne, ce n'est pas gigantesque à l'approche de la quarantaine.
Le couple a pourtant 200 000 $ en droits de cotisation CELI inutilisés depuis 2009, alors qu'ils avaient 22 ans et plein d'ambitions. Ils ont utilisé presque tout leur salaire pour payer leurs besoins courants, comme la norme dans notre société. Mais c'est extrême de se bâtir une vie qui aspire chaque dollar gagné.
Le pouvoir des placements: multiplier ses dollars
Si on fait les choses différemment, et qu'on utilise son salaire pour remplir ses placements plutôt que son portefeuille, on peut multiplier ses dollars dans le temps. Utiliser des dollars multipliés pour payer ses vacances, ses rénovations ou ses imprévus, c'est une bien meilleure approche. C'est comme monter la côte Camillien-Houde en vélo électrique plutôt qu'en patins à roulettes.
Pour investir pleinement dans son CELI en 2026, il faut 20 $ par jour. Prenons un exemple: 10 000 $ investis il y a 10 ans, plus 20 $ par jour depuis (7300 $ par année), dans un portefeuille indiciel croissance (80 % actions, 20 % obligations). Ça donne 156 924 $ cet été, ou plus de 310 000 $ pour un couple. Net d'inflation, environ 250 000 $, pour 166 000 $ investis de sa poche.
Chaque dollar investi en vaut aujourd'hui 1,50 $, net d'inflation. L'argent s'est multiplié. Le dépenser, c'est comme utiliser un billet de 100 $ pour payer une dépense de 150 $. Et ce n'est qu'en 10 ans. Avec le temps, on pourrait utiliser un billet de 100 $ pour payer une dépense de 400 $ ou 500 $.
Quand les placements prennent le relais
À ce moment-là, on entre dans un nouvel univers. Le montant en portefeuille n'a plus d'importance. Les placements ont pris le relais. Au retour d'un voyage, un couple pourrait réaliser que ses placements ont grimpé de plusieurs fois le coût des vacances, et donc qu'il s'est enrichi en «remplissant son âme». Pas mal, non?
Mes conseils pour les quasi-quarantenaires
À Michelle et Alexandre, et à tous ceux qui ne s'enrichissent pas vite, je dis ceci: trouvez le moyen de mettre la main sur 20 $ par jour chacun. Faites-les travailler dans un fonds indiciel «croissance» dans vos CELI. Ne vous découragez pas: vous n'êtes pas encore au mitan de la vie. Vos placements ont des décennies pour fructifier, et il faut souvent 15 ou 20 ans avant de voir des gains exponentiels importants.
C'est normal de ne pas s'enrichir rapidement. Ce n'est pas normal de ne pas s'enrichir du tout, ou très peu, surtout quand on travaille fort, qu'on est prudent et qu'on a le bon sens de poser des questions. Votre argent mérite mieux que de disparaître à tout jamais toutes les deux semaines.