Le Canadien : Newhook, Dach et la continuité, la recette de Martin St-Louis
À l'aube de la saison 2026-2027, le Canadien de Montréal mise sur une stabilité rare dans la LNH. Avec seulement trois nouveaux visages dans la formation partante prévue pour le premier match, l'équipe de Martin St-Louis veut prouver que la continuité est la clé du succès durable. Une philosophie qui tranche avec le mercato effréné de certains rivaux, et qui pourrait bien porter ses fruits après une saison de 106 points.
Une stabilité qui fait des envieux
Chris Kreider, Phillip Danault et Alexandre Texier. Si les trios observés à l'entraînement lundi se confirment, le Canadien amorcera la saison avec seulement trois nouveaux venus comparativement à sa formation du premier match l'an dernier. Chez les Maple Leafs de John Chayka, premiers adversaires du CH, on appellerait ça un petit mardi. Mais à Montréal, on y voit la marque d'une philosophie assumée.
« Les deux choses les plus importantes pour connaître du succès avec constance, c'est la culture et la continuité, a répété St-Louis après l'entraînement de lundi à Brossard. Et on a les deux. On fait de petits ajustements ici et là, mais dans notre façon de jouer ensemble, il y a de la continuité. »
Les chiffres appuient le discours. Douze des 20 joueurs alignés le 9 octobre 2024 sont toujours dans le giron montréalais, sans compter Jayden Struble et Oliver Kapanen, réservistes ce soir-là. Pour l'entraîneur-chef, cet avantage est inestimable.
« Si tu as sept ou huit nouveaux joueurs, ce sont sept ou huit à mettre sur la même page. Nous, la page est pas mal pareille, et on a pas mal tous les mêmes gars, a ajouté St-Louis. Regarde notre cheminement d'année en année, c'est toujours deux ou trois gars qui s'ajoutent. C'est rare qu'il y en a eu sept ou huit gars et je pense que ça aide à progresser. »
Alex Newhook, le couteau suisse du Tricolore
Dans cette trame de fond stable, certains rôles évoluent. Alex Newhook en est l'exemple parfait. L'an dernier, le Terre-Neuvien amorçait la campagne à l'aile gauche du troisième trio. Cette saison, le voilà au centre de la deuxième unité, flanqué de Juraj Slafkovský et Ivan Demidov. Une promotion qui s'appuie sur des séries éliminatoires convaincantes.
« Les séries ont peut-être été bonnes pour ma confiance, de savoir que je peux être ce gars sur qui on compte dans les grosses situations, a soumis Newhook comme hypothèse. Ça établit un standard interne, une ligne sous laquelle je ne veux pas aller. »
St-Louis n'a pas tari d'éloges sur son joueur, le qualifiant de « bon couteau suisse », une étiquette qui prend tout son sens dans un contexte où la polyvalence est devenue une denrée rare.
Le cas Kirby Dach : une nouvelle mission?
Le dossier le plus délicat demeure celui de Kirby Dach. L'attaquant, qui pilotait le deuxième trio l'an dernier, se retrouve maintenant à l'aile du quatrième trio. Plus surprenant encore, lui qui a constamment évolué en avantage numérique depuis son arrivée à Montréal en 2022 ne figurait sur aucune des deux vagues lors de l'entraînement de lundi. Il s'exerçait plutôt en infériorité numérique.
St-Louis a été clair : Dach n'est pas soudainement devenu un employé permanent de l'infériorité numérique. Le coach a néanmoins tenté de convaincre son auditoire qu'une nouvelle mission peut se présenter à Dach, lui qui a joué à peine 22 minutes de désavantage numérique en 4 ans depuis son arrivée en ville.
« De la façon qu'on veut [écouler] les punitions cette année, sa longue portée et son long hockey peuvent nous aider, a théorisé St-Louis. Je sais qu'il est capable de jouer en avantage numérique, mais je trouve qu'il a montré quelque chose au camp, qu'il est peut-être capable d'écouler les pénalités si on en a besoin. Ça peut l'aider à aller chercher du temps de jeu. »
Une approche pragmatique qui pourrait bien redonner ses lettres de noblesse à un joueur en quête de repères.
Des défis qui ne changent pas, des ambitions qui grandissent
Comme son effectif, les défis de St-Louis ne changent pas tellement d'une année à l'autre. Les principes restent les mêmes, et la valorisation de chacun en fait partie. Seulement, à mesure que le niveau de l'équipe augmente, à mesure que ses ambitions augmentent, il devient plus contraignant de satisfaire chacun. Une saison de 106 points et une présence dans le carré d'as vont certainement nourrir de grandes ambitions.
Le Canadien lance sa saison avec une identité claire et un noyau stable. Reste à voir si cette continuité, tant vantée par son entraîneur, saura se traduire par une présence au sommet. Les partisans, eux, n'attendent que ça.
FAQ : Ce qu'il faut retenir avant le premier match du Canadien
Quels sont les trois nouveaux visages dans la formation du Canadien?
Chris Kreider, Phillip Danault et Alexandre Texier devraient faire leurs débuts avec le Tricolore lors du premier match de la saison, selon les combinaisons observées à l'entraînement.
Quel est le nouveau rôle de Kirby Dach?
Kirby Dach est rétrogradé à l'aile au sein du quatrième trio et s'exerce en infériorité numérique, une nouvelle mission que l'équipe veut tester, sans en faire un emploi permanent.
Comment Martin St-Louis justifie-t-il la continuité de son effectif?
L'entraîneur-chef estime que la culture et la continuité sont les deux piliers du succès constant, et que l'ajout de seulement deux ou trois joueurs par année facilite la progression de l'équipe.