Un policier du SPVM condamné pour avoir évincé une locataire âgée: l'histoire troublante d'un abus de pouvoir
Voilà une histoire qui nous rappelle que l'abus de pouvoir peut prendre bien des formes. Jean-François Belhumeur, agent du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), vient de subir un revers cinglant devant le Tribunal administratif du logement (TAL). Sa tentative de faire annuler un jugement le condamnant à verser 27 000$ à sa locataire de 66 ans a échoué lamentablement.
Une saga qui dure depuis trois ans
Denise Longchamps, 66 ans, en a plein le dos de cette bataille judiciaire qui s'éternise. "Je suis tellement écœurée de me battre en cour! Je veux que cette histoire finisse et qu'il me paie. Il est temps que les propriétaires comme lui arrêtent de s'en prendre aux vieux comme moi", confie-t-elle, la voix chargée d'émotion.
L'histoire remonte à décembre 2022, quand ce policier de 41 ans a prétendu reprendre le logement de Mme Longchamps pour y habiter lui-même, invoquant une séparation avec sa conjointe. Un mensonge éhonté, comme l'a démontré le tribunal.
La mauvaise foi démasquée
Le 5½ situé dans un triplex de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve n'a jamais abrité M. Belhumeur. En novembre 2025, le TAL l'a condamné pour reprise de logement effectuée de "mauvaise foi", une pratique malheureusement trop répandue dans notre métropole.
Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Mécontent du jugement, l'agent a tenté un dernier recours pour éviter de payer. Le juge Charles Rochon-Hébert n'a pas été dupe: "Les propos de Jean-François Belhumeur permettent de croire qu'il est insatisfait du jugement rendu et cherche des raisons pour obtenir un nouveau procès en espérant un résultat différent lui étant plus favorable."
Un système qui protège les plus vulnérables
Cette affaire illustre parfaitement les dérives du marché locatif montréalais. Le tribunal a clairement établi que "le propriétaire voulait se débarrasser de la locataire pour relouer le logement à un prix plus élevé". En effet, il a augmenté le loyer de près de 600$ en trois ans, générant des revenus supplémentaires de près de 15 000$.
Mme Longchamps, qui payait 808$ par mois pour son ancien logis, doit maintenant débourser 1100$ mensuellement dans son nouveau logement. Une différence qui pèse lourd dans le budget d'une retraitée.
L'impunité remise en question
Ce qui dérange particulièrement dans cette histoire, c'est le profil du propriétaire fautif. Jean-François Belhumeur gagne plus de 100 000$ par année et possède quatre immeubles, dont trois à revenus. Un homme qui a les moyens de ses ambitions, mais qui refuse apparemment d'assumer les conséquences de ses actes.
Début février, Mme Longchamps lui a envoyé une mise en demeure par huissier, au coût de 143$. Toujours pas de réponse. "J'attends toujours l'argent. Pourtant, il en a pas mal", soupire-t-elle.
Le silence troublant des institutions
Contacté, M. Belhumeur n'a pas daigné répondre aux questions. Plus troublant encore, le SPVM refuse de confirmer si cet agent est toujours à son emploi ou s'il fait l'objet d'une enquête déontologique. "La loi encadre strictement la divulgation d'informations liées aux dossiers personnels de nos employés", se contente d'expliquer la porte-parole Samantha Velandia.
Cette opacité interroge. Comment une institution chargée de faire respecter la loi peut-elle fermer les yeux sur les agissements de l'un de ses membres? Les citoyens ont le droit de savoir si ceux qui les protègent respectent eux-mêmes les règles qu'ils sont censés faire appliquer.
Cette affaire nous rappelle l'importance de protéger nos aînés contre les abus de propriétaires sans scrupules. Elle souligne aussi la nécessité d'une plus grande transparence de la part de nos institutions publiques.