Un policier du SPVM condamné pour avoir évincé sa locataire de 66 ans
Une nouvelle victoire pour les droits des locataires au Québec. Le Tribunal administratif du logement (TAL) vient de rejeter la demande d'un agent du SPVM qui tentait d'échapper à une condamnation de 27 000 $ pour avoir évincé sa locataire de mauvaise foi.
Cette affaire illustre parfaitement les abus que subissent trop souvent nos aînés dans le marché du logement montréalais. Denise Longchamps, 66 ans, se bat depuis trois ans contre son ancien propriétaire, Jean-François Belhumeur, un policier qui gagne plus de 100 000 $ par année.
Une reprise de logement frauduleuse
En décembre 2022, l'agent Belhumeur avait prétendu reprendre le logement de Mme Longchamps pour y habiter lui-même, invoquant sa séparation conjugale. Une excuse bidon, comme l'a démontré le tribunal : le policier n'a jamais mis les pieds dans ce 5½ de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.
« Je suis tellement écœurée de me battre en cour ! Je veux que cette histoire finisse et qu'il me paie. Il est temps que les propriétaires comme lui arrêtent de s'en prendre aux vieux comme moi », confie la sexagénaire, visiblement épuisée par cette saga judiciaire.
Un propriétaire qui refuse de payer
Malgré la condamnation du TAL en novembre 2025, le policier persiste dans son refus. Il a même tenté un dernier recours pour éviter de verser les 27 000 $ dus à sa victime. Le juge Charles Rochon-Hébert n'a pas été dupe :
« Les propos de Jean-François Belhumeur permettent de croire qu'il est insatisfait du jugement rendu et cherche des raisons pour obtenir un nouveau procès en espérant un résultat différent », note le magistrat dans sa décision de janvier.
Plus troublant encore, le tribunal affirme « ne pas croire » certains arguments avancés par le policier. Une mise en doute rare de la crédibilité d'un agent de la paix.
Un système qui favorise les spéculateurs
Cette affaire révèle un problème systémique. Propriétaire de quatre immeubles, dont trois à revenus, Belhumeur a augmenté le loyer de près de 600 $ en trois ans, générant des revenus supplémentaires de 15 000 $. Un enrichissement sur le dos d'une locataire de longue date qui payait 808 $ par mois.
Aujourd'hui, Mme Longchamps doit débourser 1 100 $ mensuellement pour son nouveau logement. Une hausse de près de 300 $ qui pèse lourd dans le budget d'une retraitée.
Le silence du SPVM
Contacté, le Service de police de Montréal refuse de confirmer si Belhumeur est toujours en poste ou s'il fait l'objet d'une enquête déontologique. « La loi encadre strictement la divulgation d'informations liées aux dossiers personnels de nos employés », se contente de répondre la porte-parole Samantha Velandia.
Une réponse qui interroge : comment un corps policier censé faire respecter la loi peut-il fermer les yeux sur les agissements de l'un des siens ?
En attendant, Denise Longchamps espère enfin récupérer son dû. Un combat qui dépasse son cas personnel et qui soulève des questions essentielles sur la protection des locataires vulnérables dans notre société.