Liberté 55 : un analyste montréalais dit adieu aux marchés financiers
Après 33 ans à scruter les bilans et à prévoir les tendances, Michael Van Aelst raccroche. Le 30 juillet, cet analyste en valeurs mobilières de 55 ans quitte la Banque TD pour embrasser une liberté qu'il n'a jamais connue. Son constat est clair : le travail a trop longtemps dicté sa vie, au détriment de sa famille et de ses passions.
« J'adore ce que je fais. Mais en fin de compte, le problème, c'est que les horaires sont dingues et qu'on n'a aucun contrôle sur son temps », confie-t-il sur la terrasse d'un café près de la Place Ville Marie, à Montréal.
Un métier qui ne laisse aucun répit
Spécialiste du commerce de détail et du secteur de la consommation, Van Aelst a suivi des géants comme Alimentation Couche-Tard, Saputo, Metro et Loblaw. Chaque communiqué de presse, chaque annonce surprise, le ramenait à l'ordinateur, même en vacances. « Si vous avez prévu de faire quelque chose un jeudi soir, comme sortir souper en famille, et qu'un communiqué sort à 16 h 15, vous restez à la maison pendant que votre famille sort. Ce n'est pas drôle », raconte-t-il.
Son dévouement lui a valu plusieurs prix, dont celui de meilleur « stock picker » et de meilleur estimateur de bénéfices dans son secteur. Mais les honneurs n'ont pas suffi à combler le vide.
L'urgence de vivre après des pertes
La décision de Van Aelst a été précipitée par le décès de plusieurs proches l'année dernière. « Ces personnes étaient jeunes. Elles avaient le même âge que moi. On se rend compte qu'on n'a pas tant de temps que ça devant nous. Je veux en profiter pour faire certaines des choses que je n'ai pas eu l'occasion de faire parce que j'étais tellement concentré sur le travail et la famille », explique-t-il.
À 56 ans, le lendemain de son départ, il prévoit voyager, apprendre l'espagnol (sa femme est née à Madrid), faire plus d'exercice et améliorer son jeu de golf. Son handicap actuel de 14 pourrait bien fondre : « Je sens déjà que ça s'améliore à mesure que j'approche de la retraite. »
Une retraite active et réfléchie
S'il trouve un siège dans un conseil d'administration, Van Aelst serait heureux de garder l'esprit actif. « Les conseils d'administration auraient besoin de plus d'analystes pour comprendre comment le marché va réagir à certaines décisions », dit-il, voyant là une façon de contribuer sans l'esclavage des horaires.
Père de quatre enfants dans la vingtaine, il part bientôt pour l'Espagne assister au mariage de l'un de ses fils. Sa fille de 22 ans, ballerine, commence un contrat en Roumanie en août. « J'ai la chance d'avoir quatre enfants formidables qui s'en sortent tous très bien. C'est ce qui me donne la tranquillité d'esprit nécessaire pour prendre ma retraite », conclut-il.
FAQ : Questions sur la retraite et les analystes financiers
Pourquoi les analystes financiers quittent-ils souvent jeunes ?
Le rythme effréné, les horaires imprévisibles et la pression constante poussent plusieurs à prendre une retraite précoce, comme Michael Van Aelst, pour retrouver une qualité de vie.
Quels sont les secteurs que Michael Van Aelst couvrait ?
Il était spécialiste du commerce de détail et du secteur de la consommation, suivant des entreprises comme Alimentation Couche-Tard, Saputo, Metro et Loblaw.
Que fera-t-il après sa retraite ?
Voyager, apprendre l'espagnol, faire plus d'exercice, jouer au golf et éventuellement siéger à un conseil d'administration qui correspond à son expertise.