Trump promet des révélations-chocs sur les élections, les médias américains boudent
Washington – Le président américain Donald Trump s’adressera solennellement aux Américains ce jeudi soir, dans un discours qu’il promet « très fort » sur les vulnérabilités du système électoral. Mais les grandes chaînes de télévision, elles, ne sont pas au rendez-vous. ABC, CBS et NBC ont toutes refusé de diffuser en direct cette allocution, signe que même les médias traditionnels commencent à prendre leurs distances avec les élucubrations du milliardaire de 80 ans.
Car il faut le dire : Trump, élu deux fois à la Maison-Blanche (en 2016 et 2024), n’a jamais accepté sa défaite de 2020 face à Joe Biden. Depuis, il répète sans preuve que les processus de vote sont corrompus au détriment des républicains. Une obsession qui frise la paranoïa, mais qui pourrait bien servir un dessein politique bien précis : jeter le discrédit sur les élections de mi-mandat de novembre, qui s’annoncent difficiles pour son camp.
Un discours sous haute tension
Prévue à 21 h, l’allocution portera sur « la protection de l’intégrité de nos élections », selon la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt. Elle a encouragé « tous les Américains à la regarder », promettant qu’ils seront « soulagés » d’entendre ce que le président a à dire. Mais ses opposants, eux, redoutent un véritable coup de force rhétorique.
Selon la chaîne CBS, Trump pourrait évoquer des accusations inédites d’ingérences chinoises dans les élections américaines. Un thème qui fait écho à ses vieux démons, mais qui pourrait aussi détourner l’attention du vrai bourbier : l’Iran. Le conflit au Moyen-Orient s’enlise, le détroit d’Ormuz est quasi paralysé, et l’administration républicaine en paie le prix politique et économique.
Des diffuseurs qui se font discrets
Le fait que les grandes chaînes aient décidé de ne pas diffuser le discours en direct en dit long sur la défiance envers Trump. ABC et CBS ont confirmé leur décision à l’AFP, et NBC aurait emboîté le pas. Une première pour un président en exercice, qui montre que même les médias américains, pourtant friands de sensations, ne veulent plus servir de tribune à ses mensonges.
Le chef du FBI, plusieurs responsables des services de renseignement et de la sécurité intérieure seront pourtant aux côtés de Trump quand il s’exprimera. Une mise en scène qui vise à donner un vernis de crédibilité à des accusations qui, selon d’innombrables experts et décisions de justice, ne tiennent pas la route.
Une punition imminente ?
Le chef démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a déjà prévenu : « Ce soir, vous allez entendre un Donald Trump faible et agité, avec un programme profondément impopulaire, qui sait qu’il se dirige vers une défaite cinglante en novembre. » Et d’ajouter : « Sa réponse à cette punition imminente ? Abattre toutes les cartes pour tricher, saper le droit de vote, et truquer les élections de mi-mandat en sa faveur. »
Trump sait qu’une perte des législatives lui ferait courir le risque d’une troisième procédure de destitution, après avoir échappé à deux premières lors de son premier mandat, dont une pour « incitation à l’insurrection » après l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021. Une épée de Damoclès qui pourrait bien expliquer son désespoir.
La dernière grande adresse télévisée de Trump remonte au 1er avril, quand il avait tenté de justifier la guerre en Iran. Depuis, les choses n’ont fait qu’empirer. Et ce soir, les Québécois pourront juger par eux-mêmes, si les chaînes québécoises décident de diffuser ce spectacle.