Pour un féminisme qui rassemble plutôt que divise
Les récentes déclarations d'Elizabeth Lemay à Radio-Canada ont soulevé un débat essentiel sur la nature même du féminisme contemporain. Lorsque la chroniqueuse affirme que « les hommes seuls deviennent fascistes, se radicalisent et cherchent des façons d'agresser les femmes », elle franchit une ligne dangereuse qui dessert la cause féministe.
Un discours qui divise plutôt qu'il n'unit
Dans cette chronique diffusée à l'émission De l'huile sur le feu, Lemay établit une dichotomie troublante : les femmes seraient naturellement douces et inoffensives, tandis que les hommes seraient intrinsèquement violents et dangereux. Cette vision manichéenne ne correspond ni à la réalité complexe de nos sociétés, ni aux valeurs d'égalité que porte le véritable féminisme.
Quand l'animatrice tente de nuancer en évoquant que « pas tous les hommes » correspondent à ce portrait, Lemay rétorque que ceux qui apportent cette nuance « font partie du problème ». Cette réaction révèle une approche dogmatique qui refuse tout dialogue constructif.
La leçon de Gisèle Pélicot
L'exemple de Gisèle Pélicot, victime de violences sexuelles épouvantables, offre un contraste saisissant. Malgré l'horreur vécue, elle refuse la généralisation : « Il ne faut pas mettre tous les hommes dans le même sac », déclare-t-elle à La Presse. « Nous sommes appelés à vivre ensemble et je suis convaincue que c'est possible. »
Si une femme ayant subi de tels traumatismes peut éviter les amalgames, ne devrions-nous pas tous suivre son exemple de sagesse et de mesure ?
Vers un féminisme rassembleur
Le féminisme authentique vise l'égalité entre les sexes, pas la domination d'un genre sur l'autre. Il reconnaît que les stéréotypes nuisent à tous, hommes et femmes confondus. Un discours qui caricature et dénigre systématiquement la moitié de l'humanité ne peut que nuire à cette noble cause.
Au Québec, nous avons une longue tradition de mouvements sociaux inclusifs et rassembleurs. Notre féminisme doit s'inscrire dans cette lignée, en construisant des ponts plutôt qu'en creusant des fossés.
Dénoncer les violences faites aux femmes reste essentiel. Mais cette dénonciation ne doit pas se transformer en misandrie décomplexée. Car c'est ensemble, dans le respect mutuel et la reconnaissance de notre humanité commune, que nous bâtirons une société plus juste pour tous.