Meta a lancé Muse, son assistant IA personnel, et le quotidien La Presse.ca l'a mis à l'épreuve pendant deux semaines. Le verdict, publié le 4 novembre 2026, est nuancé : l'outil fonctionne, et plutôt bien, mais il exige de confier à la société mère de Facebook et d'Instagram une quantité vertigineuse de renseignements personnels.
Le testeur a utilisé la version gratuite de Muse pour préparer un voyage au CES de Las Vegas, dénicher un manteau chez un fabricant canadien et même repérer un rôti de bœuf en solde dans une épicerie de quartier. L'assistant a aussi réduit en quelques minutes une facture de téléphonie sans fil et négocié avec des vendeurs en ligne.
Un agent qui en sait déjà long sur vous
Muse se distingue de ses rivaux par un avantage de départ considérable. Si vous avez un compte Facebook, Instagram ou WhatsApp, l'agent dispose déjà d'une foule de données sur vous. Plus vous lui confiez d'informations, mieux il exécute les tâches demandées, selon le principe mis de l'avant par Meta.
Le produit vise monsieur et madame Tout-le-Monde, pas les experts en informatique. Son interface, sur mobile comme sur ordinateur, se veut simple d'approche. Une version gratuite est offerte avec des limites d'utilisation, et des forfaits à 20 $ et 100 $ US sont proposés.
La Presse.ca rapporte que Muse a trouvé les coordonnées de 17 experts en intelligence artificielle pour un reportage à venir, en plus de dénicher un meuble en solde sur Etsy. L'agent peut simuler un navigateur web, contourner les blocages de certains sites et clavarder avec un vendeur pour négocier à votre place.
Il ne fournit toutefois aucun conseil boursier et n'achète rien lui-même. Il vous mène à la dernière étape et vous laisse appuyer sur le bouton.
La confiance, ce nœud du problème
Le test a poussé l'exercice plus loin. Les journalistes ont confié à Muse des choses qu'ils ne diraient pas à leur meilleur ami : des captures d'écran d'un compte de courtage en ligne, le contenu d'une boîte courriel et des relevés d'un forfait familial d'internet et de téléphonie.
Rien n'a explosé. Mais la question demeure entière. Pour un conseiller humain qui vous tromperait, il existe des recours judiciaires. Pour les faux pas d'une intelligence artificielle, la voie est beaucoup plus floue.
Meta n'a pas aidé son cas au Canada. Le géant bloque systématiquement le contenu des salles de rédaction canadiennes sur ses plateformes et a été pris à bafouer plus d'une fois la vie privée des internautes. La Presse.ca souligne que l'entreprise méprise le Canada et laisse libre cours à la désinformation sur ses plateformes.
Ce n'est pas un détail. C'est le cœur du malaise. On parle d'un agent qui aspire vos courriels, votre agenda, votre carnet d'adresses et les fichiers de votre ordinateur, et qui appartient à une entreprise dont le bilan en matière de protection des données est, disons, mince.
Un succès commercial qui dérange
L'outil connaît néanmoins un succès rapide. Selon un
