Une chronique signée dans les pages de La Presse.ca le 18 octobre 2026 a mis les pieds dans le plat : l'itinérance au Québec est devenue un drame social que nos élus préfèrent regarder ailleurs, parce que ceux qui dorment dehors ne votent pour la plupart pas le 5 octobre. Le texte, franc et sans détour, fait le tour de la province en quelques paragraphes et mérite qu'on s'y arrête.
Le chroniqueur, résident du quartier Saint-Roch à Québec, décrit une réalité qu'il vit de l'intérieur : le nombre de personnes en situation d'itinérance qu'il croise quotidiennement augmente continuellement depuis quelques années. Il refuse pourtant de céder au réflexe facile de la peur. Le voisinage avec « ses » itinérants n'est pas une tragédie, écrit-il, même si la tolérance n'est pas partagée par tous les commerçants du coin qui souffrent de l'omniprésence de cette clientèle.
Lauberivière : un édifice neuf déjà trop petit
Le portrait chiffré donne le vertige. L'organisme Lauberivière, financé par la Ville, les gouvernements et sa fondation, a inauguré en 2021 un édifice neuf dans Saint-Roch pour héberger et offrir des services aux personnes itinérantes. Sa capacité de 150 places est déjà devenue insuffisante.
L'an dernier, plus de 5000 personnes différentes ont utilisé ses services, dont 2000 qui y ont été hébergées. Ces chiffres, rapportés par La Presse.ca, racontent à eux seuls l'ampleur du problème dans la seule ville de Québec.
Un problème de santé publique, pas municipal
Le chroniqueur remet les pendules à l'heure sur une question que trop de maires aimeraient régler à coups de règlements municipaux : l'itinérance est un problème de santé publique qui relève des gouvernements supérieurs. Très souvent, il s'agit de problèmes de santé mentale, et parfois de sécurité publique pour l'ensemble de la population. On répare une jambe fracturée rapidement, écrit-il, mais on laisse un individu errer dans la cité en hurlant son angoisse. Des cris que lui-même entend depuis sa chambre à coucher.
Et il y a cette nouvelle clientèle, très saine d'esprit, qui se retrouve à la rue pour une raison simple : les circonstances financières l'y ont tirée. Le coût inabordable du logement fait maintenant partie des principaux facteurs qui contribuent à l'itinérance, comme
