Le petit Jules, ce garçon de huit ans que le Québec entier avait serré dans son cœur après la tragédie de la garderie de Laval en 2023, mène depuis la fin de septembre un deuxième combat pour sa vie. Le 25 septembre, les médecins de l'hôpital Sainte-Justine ont diagnostiqué chez lui une leucémie aiguë lymphoblastique à très haut risque, rapporte Le Journal de Québec.
Un traitement intensif de chimiothérapie a débuté dès le lendemain du diagnostic. Jules devra rester hospitalisé au moins un mois sous les soins du D Thai Hoa Tran, hématologue-oncologue reconnu comme une sommité dans son domaine.
Une famille qui connaît déjà le pire
Le 8 février 2023, un autobus conduit par Pierre Ny St-Amand avait foncé dans la garderie de Sainte-Rose, à Laval. Jules, alors âgé de cinq ans, avait été tiré des décombres par un père de famille. Son meilleur ami Jacob, qui se trouvait à quelques centimètres de lui au moment de l'impact, n'avait pas survécu.
Depuis ce jour, la mère de Jules, Virginia Courtois, vivait avec la peur que le destin vienne, selon ses mots, « finir la job ». Elle s'inquiétait au moindre symptôme, à la moindre faiblesse.
« Ça fait trois ans que j'essaie de la rassurer, en lui disant que rien ni personne ne pouvait nous l'enlever, a confié Sébastien Courtois, le papa de Jules, au Journal de Montréal. Mais l'instinct maternel est plus fort que tout. »
Il y a deux semaines, Virginia Courtois a remarqué des ecchymoses inhabituelles sur le bras de son fils. Elle a insisté pour consulter. Une prise de sang a conduit la famille aux urgences pédiatriques de Sainte-Justine, où le diagnostic est tombé.
« Pour la deuxième fois, j'ai reçu un appel de ma femme en panique. Ça m'a tout de suite ramené à ce qui s'était passé à la garderie », a dit l'ex-policier, dont les propos sont rapportés par Le Journal de Québec, qui reprend l'enquête du Journal de Montréal.
Des petits crabes et des soldats
Comment explique-t-on une leucémie à un enfant de huit ans qui a déjà frôlé la mort? Les parents de Jules ont choisi l'image.
« On lui a expliqué, de façon imagée, qu'il y avait de petits crabes dans son sang et qu'on devait lui donner des soldats pour les combattre », a raconté Sébastien Courtois, après un long silence lourd de sens.
Et quand on lui a annoncé qu'il allait perdre ses cheveux, la réponse de Jules a été aussi spontanée que bouleversante.
« Non! J'aime mieux mourir! », a lâché le petit garçon.
Dans sa chambre de Sainte-Justine, selon le reportage du Journal de Montréal, le pied de perfusion de Jules est surnommé « Bob » et déguisé en sorcier, avec des yeux, une bouche et un chapeau. Sur une table traînent des retailles de papier d'un bricolage de citrouilles réalisé avec sa mère. Les murs sont couverts de dessins aux couleurs vives, dont un porte l'inscription de sa grande sœur Margot : « Je t'aime mon frère d'amour. »
La vie continue, entre les Lego et le soccer
Pour occuper ses journées, Jules enchaîne les casse-tête, les constructions en Lego et les jeux de cartes. Lorsque son état le permet, il joue au soccer avec son père dans les couloirs de l'hôpital. Et même s'il aurait toutes les raisons du monde de réclamer plus de temps d'écran, il respecte son heure quotidienne.
Chaque jour, il travaille avec Mme Johanne, une enseignante à la retraite embauchée par l'hôpital, afin de terminer sa troisième année.
« C'est une vraie perle, cette femme-là », a salué le père, qui tient aussi à souligner la bienveillance et l'accueil exceptionnel du personnel de Sainte-Justine.
Sébastien et Virginia Courtois ont mis leur vie sur pause. Ils ont cessé de travailler depuis le diagnostic, passent leurs journées à l'hôpital et alternent chaque nuit dans le petit lit simple installé dans la chambre de Jules. En fin de journée, l'un des deux quitte Sainte-Justine pour accueillir Margot à la sortie de l'école.
Un enfant qui connaît la mort de trop près
Malgré son jeune âge, Jules est familier avec la mort. Le rapport du Journal de Montréal le dit sans détour : oui, Jules a peur de mourir, mais pas parce qu'il craint de souffrir. Il a peur de mourir parce qu'il ne veut pas faire de peine à papa et maman.
Il faut le dire clairement : aucun enfant ne devrait avoir à porter ça. Aucune famille ne devrait vivre deux fois l'insoutenable en trois ans. Le drame de Sainte-Rose nous avait déjà rappelé à quel point le hasard peut être cruel; cette leucémie qui s'abat maintenant sur ce petit bonhomme ajoute une couche d'injustice à peine croyable.
Mais il y a aussi, dans cette histoire, de quoi ranimer notre confiance collective. La qualité des soins pédiatriques offerts à Sainte-Justine, ce pilier de notre réseau public que les Québécoises et les Québécois ont bâti ensemble, donne à Jules de véritables chances de s'en sortir. C'est exactement le genre d'institution qu'on défend bec et ongles quand certains voudraient raboter les services publics. Aujourd'hui, ce réseau-là se bat pour un enfant que tout le Québec a déjà adopté.
Le parcours judiciaire du chauffeur d'autobus, Pierre Ny St-Amand, se poursuit quant à lui, rappelle le Journal de Montréal. Pendant ce temps, dans une chambre du quatrième étage de Sainte-Justine, un petit garçon aux yeux pétillants continue de sourire entre deux traitements, avec un pied de perfusion déguisé en sorcier pour seule armure.
Questions fréquentes
Quel diagnostic Jules a-t-il reçu?
Le 25 septembre 2026, les médecins de l'hôpital Sainte-Justine ont diagnostiqué chez Jules une leucémie aiguë lymphoblastique à très haut risque.
Quel lien avec la tragédie de la garderie de Laval?
Jules a survécu à l'attaque d'autobus contre la garderie de Sainte-Rose le 8 février 2023, où son meilleur ami Jacob a perdu la vie.
Qui soigne Jules?
Il est traité par le D Thai Hoa Tran, hématologue-oncologue à l'hôpital Sainte-Justine, et devrait rester hospitalisé au moins un mois.
