Le Théâtre St-Denis a accueilli jeudi soir, le 16 octobre 2026, la première médiatique de «Félix, je me souviens», un spectacle documentaire ambitieux qui retrace la vie et l'œuvre de Félix Leclerc à travers la chanson, la projection, les arts du cirque et la marionnette.
Imaginé par le producteur Jean Pilote, un projet qu'il caressait depuis dix ans selon 98.5 Montréal, et mis en scène par Martin Genest, la fresque s'approche de sa haute barre sans toutefois la franchir, selon la critique de Le Devoir qui souligne «un magistral déploiement» de savoir-faire techniques et artistiques.
Une fresque vivante, mais inégale
Malgré le dynamisme des interprètes et la poésie de plusieurs tableaux, la production n'échappe pas aux longueurs, surtout vers la fin du premier acte, qui compte une dizaine de morceaux. Si les premiers numéros sont réussis, d'autres auraient pu être écourtés de moitié, note TVA Nouvelles.
La pièce rappelle par moments la magistrale «Janette» de Rébecca Déraspe. Mais ici, la brochette de comédiens incarne à la fois l'entourage du géant, son corps physique et Félix lui-même, ce qui complique l'ancrage du public dans l'histoire.
La voix du chansonnier accompagne les interprètes tout au long du spectacle. L'utilisation de bandes sonores, dont certaines inédites, n'est toutefois pas toujours bien maîtrisée.
De la Mauricie à l'Île d'Orléans
La pièce s'amorce avec l'enfance de Félix Leclerc en Mauricie, où le garçon cultive déjà des mots dans sa tête bien remplie. Animateur de radio touche-à-tout, il débarque à Montréal en 1939 et y rencontre son grand ami Guy Mauffette, réalisateur à Radio-Canada. Ensemble, avec Andrée Vien, ils fondent la troupe de théâtre VLM.
L'électrification des villes permet au poète d'entrer chez les gens avec ses premières œuvres, tandis que les boîtes à chansons lui ouvrent la porte de la scène. Ses premiers livres, d'abord mal reçus par des critiques acerbes, deviennent des succès de vente. Installé dans une commune à Vaudreuil, il écrit «Pieds nus dans l'aube», «Moi, mes souliers» et «Le p'tit bonheur», avant qu'un imprésario français ne l'invite en Europe, où il croise la môme Édith Piaf.
Après quelques tournées européennes, il revient au Québec et s'éteint le 8 août 1988, à 8 h.
Pourquoi cet hommage compte
Félix Leclerc, c'est bien plus qu'un chansonnier. Comme le rappelle Radio-Canada, le géant a trempé dans la radio, la télévision, le cinéma et le théâtre, dont il parlait souvent comme de sa véritable passion. Le rapprocher aujourd'hui, alors que notre langue et notre culture subissent des pressions constantes, relève du devoir de mémoire.
La poésie des tableaux, la richesse des archives et l'énergie déployée sur cette scène motorisée donnent vie à une fresque foisonnante, dense mais digeste, qui demeure néanmoins inégale, résume TVA Nouvelles.
Questions fréquentes
Où est présenté «Félix, je me souviens»?
Le spectacle est présenté au Théâtre St-Denis de Montréal jusqu'au 25 octobre 2026, puis à Québec jusqu'au 15 novembre.
Qui a créé le spectacle?
Le projet a été imaginé par le producteur Jean Pilote et mis en scène par Martin Genest.
Quelles disciplines artistiques y trouve-t-on?
Le spectacle mêle chansons, projections, arts du cirque et marionnettes, en plus d'archives sonores dont certaines sont inédites.
