Canicules en France: près de 8000 morts, un été qui sonne l'alarme
L'été le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900 a laissé un lourd bilan: près de 8000 décès en excès, selon les données provisoires des autorités sanitaires. Une hécatombe qui interpelle, alors que le Québec n'est pas à l'abri de tels épisodes de chaleur extrême.
Santé publique France (SpF) a livré mercredi son nouveau bilan, qui fait froid dans le dos. Du 27 juillet au 20 août, lors du plus long épisode de chaleur jamais vu sur le territoire, au moins 817 décès excédentaires ont été comptabilisés. Ces morts s'ajoutent aux 5764 estimées du 17 juin au 2 juillet, aux 1243 du 3 au 20 juillet et aux 95 lors d'un bref pic de chaleur en mai.
Un été inédit, des chiffres qui vont s'alourdir
«Cet été 2026 a été complètement inédit, avec des épisodes de canicule presque en continu», a souligné Guillaume Boulanger, responsable de l'unité qualité des milieux de vie à SpF. D'ordinaire, les jours de canicule représentent environ 5% de l'été. Cette année, on sera nettement au-dessus, a-t-il prédit.
Et ce bilan est voué à s'alourdir: les chiffres doivent encore être consolidés et la période de surveillance s'étend jusqu'au 15 septembre. Un bilan définitif est attendu début 2027.
Les personnes âgées, premières victimes
Contrairement aux épisodes précédents, ce sont cette fois «quasi-exclusivement des personnes âgées de 75 ans et plus» qui ont payé le prix fort: 751 morts de plus qu'attendu dans cette classe d'âge. Près de la moitié de ces décès sont survenus en trois jours, du 14 au 16 août, juste après les journées les plus intenses en températures.
La Bourgogne-Franche-Comté a été la région la plus touchée, avec 140 décès en excès. Hormis la Normandie et l'Occitanie, toutes les régions ont connu un excès de mortalité.
Le changement climatique en cause
Le changement climatique, causé principalement par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, augmente la probabilité de subir de tels épisodes de canicule très intenses, très longs et très étendus. Cet été, ces canicules ont touché principalement l'Europe de l'Ouest: l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie, en plus de la France.
L'été 2026 a dépassé les étés 2003, dont le lourd impact sanitaire avec ses 15 000 morts avait fait l'effet d'un électrochoc, et 2022.
Une bataille politique autour des bilans
Ces chiffres ont alimenté une âpre bataille politique à l'approche de la présidentielle française, le gouvernement se voyant accusé d'impréparation par les oppositions. Une situation qui rappelle l'importance de la prévention et de l'adaptation aux changements climatiques, des enjeux tout aussi cruciaux pour le Québec.
Les effets sanitaires ne se limitent pas aux seules canicules: une surmortalité est généralement observée dès que la température quotidienne moyenne dépasse 25°C. Un constat qui devrait nous faire réfléchir, nous aussi, sur notre propre vulnérabilité face à la chaleur extrême.