Rosemont: Une erreur de cible qui fait craindre une escalade de la violence anarchiste
Montréal, 11 août 2026 — Pascale Nadeau dormait paisiblement dans son appartement de Rosemont quand, aux petites heures du matin, sa porte d’entrée a volé en éclats sous les coups de marteau. Le vacarme l’a réveillée en sursaut. Persuadée d’être victime d’une violation de domicile, la jeune femme s’est évanouie, se blessant à la tête et subissant une commotion cérébrale. Les responsables? Des militants d’extrême gauche qui, dans leur croisade contre l’intelligence artificielle, se sont tout simplement trompés d’adresse.
L’attaque, revendiquée par un groupe se faisant appeler le « Front de libération anarchiste révolutionnaire », visait en réalité Dominic MacDuff-Auger, cofondateur de Munera Intelligence, une start-up montréalaise spécialisée dans la surveillance de chantiers par drones. Le hic: le jeune entrepreneur avait quitté ce logement depuis un an. « Déjà que ça n’a aucun sens, mais en plus, je n’étais même pas liée à cette histoire-là! », a confié Pascale Nadeau, encore sous le choc, à La Presse.
Une guerre déclarée à l’IA
Dans un texte de revendication diffusé sur la plateforme Montréal Contre-Information, le groupe anarchiste justifie son geste par une opposition radicale à l’essor de l’intelligence artificielle. « Il ne fait aucun doute que si l’utilisation des drones dotés d’IA par la Ville est autorisée à se développer, notre avenir sera de plus en plus celui d’un monde où le ciel sera rempli de robots effectuant des livraisons pour Amazon et veillant à notre obéissance totale à des gouvernements toujours plus autoritaires », peut-on y lire.
Le même soir, les militants ont également lancé un cocktail Molotov contre les bureaux montréalais de Microsoft, dans le Mile-Ex. Une attaque qu’ils qualifient de « riposte à l’expansion et à la dissimulation des centres informatiques, dans lesquels Microsoft joue un rôle majeur ». Pascale Nadeau, elle, ne peut s’empêcher de penser à ce qui aurait pu arriver: « Une chance que ce n’était pas le même genre d’attaque [incendiaire]. »
Une start-up sous le choc
Joint par La Presse, Dominic MacDuff-Auger se dit « marqué » par l’événement. « C’est une situation difficile, délicate. On est une start-up de quatre employés, c’est marquant », confie-t-il, prudent. Il assure que sa firme, qui développe une solution de surveillance des chantiers par drone pour la Ville de Montréal, n’a rien à voir avec la gestion de la vie privée. « Ultimement, notre mission c’est d’améliorer la sécurité des citoyens, d’améliorer la fluidité, puis de réduire les coûts d’opération. »
Le SPVM, contacté lundi, n’avait toujours pas répondu en fin de journée mardi. Les policiers enquêtent, mais la plateforme Montréal Contre-Information, utilisée depuis des années par des militants d’extrême gauche pour revendiquer leurs actions, semble leur échapper. Dans les derniers mois, le même groupe a aussi attaqué des bureaux de gestionnaires immobiliers et une station de surveillance de l’entreprise québécoise Garda, dans Hochelaga-Maisonneuve.
Une menace qui plane
Le message de revendication ne laisse aucun doute sur la détermination des militants: « Nous n’avons plus aucune pitié! Il est temps de déclarer la guerre à l’IA, à la surveillance et à ces développeurs! Les méthodes que nous choisissons doivent être à la hauteur de la gravité de notre situation: cocktails Molotov, attaques résidentielles, et bien plus encore. Nous ne pouvons plus repousser le moment de battre, de lutter et d’attaquer. »
Pour Pascale Nadeau, l’histoire aurait pu tourner au drame. « Je pensais que je rêvais, je n’y croyais pas », raconte-t-elle. Une erreur de cible qui, dans un climat de tensions croissantes, rappelle que la violence politique, même mal dirigée, laisse toujours des traces.