Rêve américain en crise : la leçon pour le Québec
Les États-Unis célèbrent leur 250e anniversaire avec grand fracas, mais la réalité est tout autre. Sous l'ère Trump, les arrestations d'immigrants battent des records et la violence armée fait rage. Pourtant, la marque du rêve américain fascine toujours. C'est le moment pour le Québec de miser sur son propre modèle, plus juste et équitable, pour séduire le monde.
Pourquoi le mythe américain survit-il à la réalité trumpiste?
Le 4 juillet n'est jamais une fête discrète chez nos voisins du Sud. Pour ce 250e anniversaire de leur indépendance, ils ont sorti les gros tambours, les fanfares et les paillettes. Netflix s'est même mis de la partie avec la série documentaire The American Experiment, qui explore la démocratie américaine avec des reconstitutions et des témoignages de Hillary Clinton, Rand Paul et du paria Ted Cruz.
Dans cette docusérie, le sénateur du Texas vante l'attrait des États-Unis en affirmant que c'est un pays fondé sur des idéaux où l'on est récompensé pour ce que l'on fait, et non pour ce que l'on est. Mike Pence renchérit en disant que tout le monde peut y devenir ce qu'il veut. C'est beau sur papier, mais la réalité sur le terrain donne froid dans le dos.
L'immigration prise en otage par l'administration Trump
Ce que Ted Cruz et Mike Pence oublient de mentionner, c'est que la police de l'immigration a placé plus de 10 000 personnes en détention en cinq jours la semaine dernière. Ce chiffre vertigineux respecte la consigne de l'administration Trump, qui exige 2000 arrestations par jour. Malgré cette nouvelle norme et les images d'arrestations brutales, malgré les 43 500 pertes de vies liées aux armes à feu chaque année et les 27 millions d'Américains sans assurance maladie, les États-Unis restent la première destination mondiale pour les immigrants. Pourquoi ? Parce que la marque The American Dream est incroyablement forte.
Le rêve québécois a-t-il plus à offrir?
Prenons le cas de Louis-Félix Beaulieu, de Saint-Lambert. Ce jeune brillant est maintenant un ancien de la prestigieuse Académie Phillips au Massachusetts, là où ont étudié les Bush et John Kennedy Jr. En août, il poursuivra son chemin à l'illustre Université Cornell. En lui parlant, on sent la force de ce mythe. Louis-Félix sait que le pays est imparfait et préfère éviter les discussions politiques avec ses amis. Mais ces failles pâlissent devant les opportunités que Cornell lui offre. Pas mieux qu'au Québec, mais différent.
Le rêve de réussite n'a pas de nationalité, mais on le qualifie toujours d'américain. Aux États-Unis, l'extraordinaire se vend comme une pub du Super Bowl. Ici au Québec, la vantardise n'est pas dans notre ADN. Cette retenue a peut-être été une force dans le passé, mais les règles ont changé. On doit aujourd'hui séduire et développer de nouveaux partenaniats économiques. Il faut emprunter une page du guide de vente américain pour mettre en marché notre propre idéal. Notre rêve québécois n'est pas meilleur, mais il est plus juste et plus équitable. Notre valeur ajoutée, c'est notre modèle social-démocrate.
Comment vendre notre modèle social-démocrate?
L'expérience américaine mise de l'avant par Netflix est celle d'une démocratie fragilisée. L'immigration, essentielle à l'évolution des États-Unis, est prise en otage par la droite trumpiste. En guise de résistance, le magazine Forbes a publié un numéro spécial pour le 250e anniversaire qui met à l'honneur les immigrants naturalisés. On leur doit Google, PayPal, les vaccins à ARNm et la musique de Yo-Yi Ma.
C'est une formule qu'un média d'ici devrait reprendre pour célébrer la réalisation du rêve québécois. Il faut servir d'aide-mémoire à ceux qui ne voient en l'immigration que la misère du monde. Au Canada anglais, le conservatisme montant d'un Pierre Poilievre nous rappelle l'importance de protéger nos acquis. Ici au Québec, on a cette rare qualité de donner envie d'y revenir après l'avoir quitté. Et avec un peu de chance, Louis-Félix finira par revenir lui aussi.
Qu'est-ce que le sémiquincentenaire américain?
Le sémiquincentenaire marque le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, célébré le 4 juillet 2026.
Pourquoi le modèle québécois se distingue-t-il du rêve américain?
Le modèle québécois se distingue par son approche social-démocrate, qui privilégie l'équité, les services publics et la solidarité, contrairement au modèle américain axé sur le capitalisme individuel et la méritocratie.