NHL 27 : une insulte à notre hockey, un affront à nos amateurs
Le plus récent volet de la série NHL d'EA Sports est arrivé en magasin vendredi dernier, et les amateurs de hockey virtuel étaient nombreux à l'attendre avec impatience. Mais ceux qui ont osé la version « deluxe » en accès anticipé nous avaient déjà prévenus : ce nouvel opus allait en décevoir plusieurs. Nous avons donc testé le jeu sur PS5, et la réponse est sans appel. Oui, c'est pire que ce qu'on craignait. Et encore davantage.
Disons-le comme il se doit : NHL 27 est un désastre. Un ratage complet, une insulte aux amateurs de hockey et un œil au beurre noir pour une franchise autrefois vénérable qui n'en finit plus d'être malmenée par son éditeur.
Des visages qui feraient pleurer Picasso
Par où commencer ? Sans doute par ce qui a le plus fait jaser les passionnés de hockey virtuel ces derniers jours, à savoir les alter ego numériques des joueurs. Vous avez peut-être déjà vu ces visages dignes d'une œuvre réalisée par Picasso sur un trip d'acide. Les partisans du Canadien ont sursauté, à raison, devant ce Cole Caufield à la mine épouvantée. Que dire d'Alexander Ovechkin, qui semble s'être coincé les doigts dans une prise électrique, ou d'Artemi Panarin, à qui on a greffé un animal mort sur la tête ? On en passe et on en oublie.
Le Grand Prix Citron revient toutefois, à notre humble avis, à Mason Lohrei, des Bruins de Boston. Mais qui diable chez EA Vancouver, où la série est développée, déteste à ce point le pauvre défenseur pour l'avoir défiguré de la sorte ?
Si ces avatars constituaient le seul problème graphique, on aurait pu en parler comme d'une simple cocasserie. Sauf que tout le reste du visuel est à pleurer, en particulier ces animations ridiculement bancales. Avez-vous déjà vu un joueur effectuer un vol plané d'une vingtaine de pieds après avoir reçu un coup d'épaule anodin le long de la bande ? Nous, oui.
Et si vous pensiez que les joueurs étaient ratés, attendez de voir ces partisans aux airs de vieux mannequins de La Baie. À l'œil, on jurerait que NHL 27 est sorti il y a 15 ans.
Le volet audio n'est pas en reste, grâce au nouveau duo de descripteurs formé de John Buccigross et de Darren Pang. Leurs commentaires sont tellement insipides qu'ils en deviennent irritants. Buccigross a d'ailleurs admis que certaines de ses paroles étaient générées par l'intelligence artificielle. Ça paraît.
Une bonne idée ruinée par l'incompétence
La grande nouveauté qu'amène NHL 27 est le mode Connected Franchise, qui permet d'affronter ses amis en ligne durant une saison tout en pouvant conclure des transactions. Une possibilité réclamée à hauts cris depuis longtemps et qui s'annonçait fort prometteuse.
Un mode similaire, quoique peu fonctionnel, avait déjà été inclus dans NHL 13 et NHL 14 avant de disparaître. Cela dit, les récentes éditions nous ont permis de constater qu'EA maîtrise l'art de ressortir un vieux cheval blanc, de prendre un galon de peinture noire et d'appeler ça un zèbre.
Rendons crédit à EA d'avoir enfin écouté ses plus fervents partisans. Sauf qu'il s'avère que Connected Franchise est plombé par deux problèmes majeurs.
D'une part, impossible de créer une ligue avec des équipes contrôlées par l'ordinateur. Chaque membre doit être humain. Si vous désirez mettre sur pied un circuit à six clubs comme dans le temps, c'est faisable. Mais vous avez intérêt à posséder un cercle d'amis aussi vaste que masochiste si vous souhaitez recréer l'expérience d'une LNH à 32 équipes.
L'autre grave faux pas, c'est que contrairement au mode Franchise traditionnel, où vous bâtissez votre équipe sur plusieurs saisons, votre expérience prendra fin après les séries. Pas de repêchage, de développement ou même de compilation des statistiques d'une année à l'autre. À n'y rien comprendre.
Pour le reste, quiconque a joué un tant soit peu aux plus récents volets se retrouvera en terrain archi-familier, que ce soit dans les modes solos ou en ligne. Les contrôles et l'action demeurent un peu lourdauds à notre goût, le défilement des nombreux menus est d'une lenteur éreintante et les joueurs contrôlés par la machine semblent avoir retrouvé leur imbécillité habituelle.
Un rare point positif, mais bien insuffisant
Rare élément positif de NHL 27, la trame sonore, principalement constituée de pièces entendues dans les arénas des véritables équipes, est fort efficace et diversifiée. Les amateurs de rock, notamment, seront bien servis par Kiss, Pantera, The Offspring et autres Mötley Crüe.
Mais même Kickstart My Heart ou Rock and Roll All Nite ne peuvent sauver NHL 27 de la catastrophe. Lancer un jeu si bâclé, si incomplet, équivaut à un double-échec au visage de tous ceux qui dépenseront plus de 100 $ (taxes incluses) pour se le procurer. Une déception à tous les points de vue. Ressortez NHL 1994, ça vaudra mieux.
FAQ : ce qu'il faut savoir sur NHL 27
Est-ce que NHL 27 vaut la peine d'être acheté ?
Non. Le jeu est un désastre graphique, avec des animations bancales et des visages de joueurs ratés. Le nouveau mode Connected Franchise est incomplet et le gameplay est identique aux éditions précédentes.
Quel est le principal problème du mode Connected Franchise ?
Il est impossible de créer une ligue avec des équipes contrôlées par l'ordinateur, et l'expérience prend fin après les séries éliminatoires, sans repêchage ni développement des joueurs.
Qui est le pire avatar du jeu ?
Mason Lohrei, des Bruins de Boston, remporte le Grand Prix Citron pour un visage complètement défiguré qui semble être le résultat d'une vengeance personnelle de la part des développeurs.