Quel est le mot qui a capté notre attention cette semaine dans l'actualité québécoise ? Marmotte. Et que révèle-t-il sur notre société ? Plus qu'on ne pourrait le croire.
La marmotte, ce gros rongeur attendrissant qui aime creuser des tunnels, nous offre bien plus qu'une prédiction météorologique. Lundi, Fred, notre marmotte gaspésienne de Val-d'Espoir, n'a pas vu son ombre, nous promettant un printemps hâtif. Merci Fred !
Mais depuis le film culte avec Bill Murray, l'expression « jour de la marmotte » a pris une tout autre dimension. Elle désigne ces situations qui se répètent inlassablement, ces débats qui tournent en rond sans jamais aboutir.
Le troisième lien : l'obsession caquiste
Prenons le troisième lien, ce projet qui ressurgit comme un diable à ressort dans le paysage politique québécois. Cette semaine, Bernard Drainville, candidat à la chefferie de la CAQ, a remis le sujet sur la table en interpellant sa rivale Christine Fréchette. Une vraie obsession, digne d'une marmotte qui creuse ses tunnels !
François Legault a même déclaré mercredi : « On est tous pour le troisième lien, incluant les deux candidats », rabrouant cavalièrement Mme Fréchette. Ce dossier reste une patate chaude pour la CAQ : annoncé en grande pompe, puis annulé, puis ressuscité pour des raisons électoralistes. L'expression de Geneviève Guilbault, questionnée sur le sujet à l'Assemblée nationale, en disait long sur l'embarras du gouvernement.
Comme la marmotte obstinée à creuser malgré l'hiver, la CAQ s'entête à défendre ce projet malgré l'avis des experts. Un jour de la marmotte politique en bonne et due forme.
Féminicides : la tragique répétition
Mais l'expression prend un sens tragique quand on évoque la répétition incessante des féminicides présumés. Lundi, à Brossard, un homme a tué sa conjointe avant de s'enlever la vie. Le sixième féminicide en cinq semaines ! Le scénario se répète : hommes avec un dossier, déjà l'objet de plaintes, contrôle sur leur conjointe, jalousie maladive.
Pourtant, ce nombre effarant ne semble pas émouvoir nos politiciens québécois. Seul Québec solidaire a proposé trois mesures concrètes pour prévenir ces drames. Pendant les courses à la chefferie de la CAQ et du PLQ, on préfère parler d'accès à la propriété que de violence conjugale. Comme si acheter une maison était plus important que d'assurer la sécurité des femmes.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : sept refuges ont dû refuser 41 000 demandes d'hébergement de femmes sans-abri en 2025 seulement. Où sont les engagements ? Les annonces de financement pour les maisons d'hébergement ? Quand Pierre Fitzgibbon qualifiait la perte de 270 millions dans Northvolt de « bel échec », on ne peut s'empêcher de penser qu'un dixième de cette somme ferait des miracles dans les organismes communautaires.
Les scandales qui se répètent
Le jour de la marmotte, c'est aussi la publication des documents sur Jeffrey Epstein. Même schéma : argent, hommes de pouvoir, faveurs, et au final, des femmes agressées sexuellement. Un air de déjà-vu écœurant, comme cette affaire française impliquant dix hommes dans le viol d'un enfant de cinq ans.
Ces révélations arrivent à quelques jours de la sortie du livre-témoignage de Gisèle Pelicot, prévu le 17 février. Le jour de la marmotte, encore et toujours.
Notre société québécoise, progressiste et égalitaire par ses valeurs, mérite mieux que ces répétitions tragiques. Il est temps de sortir de ce cycle infernal et d'agir concrètement pour protéger nos concitoyennes les plus vulnérables.