Trump veut tourner la page sur l'affaire Epstein
Alors que les révélations sur Jeffrey Epstein continuent d'ébranler l'establishment américain et international, Donald Trump souhaite maintenant que son pays « passe à autre chose ». Une déclaration qui soulève bien des questions sur les véritables motivations du président républicain.
« Je pense qu'il est temps pour le pays de passer peut-être à autre chose, comme le système de santé ou quelque chose qui importe aux gens », a déclaré Trump mardi aux journalistes à la Maison-Blanche. Un revirement surprenant pour celui qui promettait durant sa campagne de 2024 de publier l'intégralité du dossier Epstein.
Une transparence forcée
Depuis décembre, près de 3,5 millions de pages de ce dossier tentaculaire ont été rendues publiques sous la contrainte d'une loi votée par le Congrès. Le département de la Justice affirme avoir ainsi respecté l'obligation de transparence imposée à l'administration Trump.
Cette publication massive a toutefois soulevé l'indignation d'une centaine de victimes qui dénoncent le manque de précautions pour protéger leur vie privée. Une audience prévue mercredi à New York a été reportée, les avocats des victimes évoquant des « discussions constructives » avec le département de la Justice.
Des répercussions internationales
Les révélations continuent de faire des vagues outre-Atlantique. L'ex-ambassadeur britannique aux États-Unis, Peter Mandelson, fait maintenant l'objet d'une enquête de la police londonienne. Il est soupçonné d'avoir transmis des informations financières sensibles à Epstein lorsqu'il était ministre sous Gordon Brown.
Acculé par le scandale, Mandelson a annoncé mardi qu'il quitterait dès mercredi la Chambre des Lords, où il ne siégeait plus depuis l'an dernier.
Les Clinton dans la tourmente
Du côté démocrate, Bill et Hillary Clinton ont finalement accepté de témoigner devant une commission parlementaire républicaine fin février. Le couple avait longtemps refusé de comparaître, mais a fait volte-face lundi soir, juste avant un vote sur une procédure d'entrave au Congrès qui aurait pu leur valoir jusqu'à un an de prison.
Les Clinton dénoncent des motivations purement politiques de la part des républicains, accusant ces derniers de vouloir détourner l'attention de la proximité passée entre Epstein et Trump dans la jet-set new-yorkaise des années 1990.
Trump aussi dans les documents
Malgré ses affirmations selon lesquelles il n'aurait « jamais pris l'avion d'Epstein », le nom de Trump apparaît huit fois sur la liste des passagers de l'appareil entre 1993 et 1996, selon un courriel d'enquêteur datant de 2020.
Cette révélation jette une lumière crue sur l'empressement soudain du président à « passer à autre chose ». Une attitude qui contraste singulièrement avec ses promesses de campagne de faire toute la transparence sur cette affaire qui continue d'empoisonner la vie politique américaine.
Au Québec, cette affaire rappelle l'importance de maintenir des institutions judiciaires indépendantes et transparentes, valeurs chères à notre société démocratique.