Bill et Hillary Clinton acceptent finalement de témoigner devant le Congrès américain
Après des mois de résistance qui leur valaient une menace de poursuites judiciaires, Bill et Hillary Clinton ont finalement accepté de comparaître devant la commission d'enquête parlementaire américaine sur l'affaire Jeffrey Epstein. Une décision qui intervient au moment où le couple démocrate risquait une procédure d'entrave au Congrès.
Un revirement de situation sous la pression
L'annonce a été faite lundi par Angel Urena, porte-parole de l'ancien président démocrate. Dans un message publié sur X, il a critiqué vertement les élus républicains : « Ils ont négocié de bonne foi, vous ne l'avez pas fait. Ils vous ont dit sous serment ce qu'ils savaient, mais vous vous en fichez ».
Le porte-parole a ajouté que l'ancien président et l'ancienne secrétaire d'État seront présents et qu'ils ont « hâte de créer un précédent qui s'applique pour tout le monde ». Une déclaration qui semble viser l'attitude de Donald Trump face à cette même affaire.
Des poursuites évitées de justesse
Cette volte-face intervient à point nommé. La commission des règles de la Chambre s'apprêtait à approuver l'organisation d'un vote sur deux résolutions qui auraient pu mener à des poursuites judiciaires contre le couple Clinton. En cas d'adoption, ces résolutions auraient recommandé au ministère de la Justice d'engager des procédures pouvant conduire à jusqu'à 12 mois de prison.
Le dossier serait alors tombé entre les mains de Pam Bondi, nouvelle ministre de la Justice et fidèle de Donald Trump, dans un contexte politique particulièrement tendu.
L'ombre persistante d'Epstein
Les Clinton sont dans le collimateur de cette commission en raison des liens d'amitié passés entre Bill Clinton et Jeffrey Epstein. L'ancien président avait voyagé à plusieurs reprises à bord du jet privé du financier et avait été photographié en sa compagnie à de nombreuses occasions.
Jeffrey Epstein, figure emblématique de la jet-set new-yorkaise dans les années 1990-2000, était accusé d'avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes, dont des mineures. Il avait été retrouvé mort dans sa cellule en 2019, alimentant depuis d'innombrables théories du complot.
Une transparence à géométrie variable
L'affaire soulève des questions sur la transparence politique aux États-Unis. Pendant sa campagne de 2024, Donald Trump s'était engagé à rendre public l'ensemble du dossier Epstein. Pourtant, depuis son retour au pouvoir, le président républicain traîne les pieds, s'attirant des critiques même de ses partisans.
Vendredi dernier, le ministère de la Justice avait tout de même publié une nouvelle série de documents concernant Jeffrey Epstein, se conformant ainsi à une loi adoptée en novembre dernier.
Bill Clinton a toujours nié avoir eu connaissance des crimes d'Epstein et affirme n'avoir pas eu de contact avec lui depuis plus d'une décennie. Il n'est pas inquiété par la justice concernant sa relation avec le criminel sexuel.