Le faux millionnaire de Granby épinglé par la justice
Firdaws Shah Daud-Shah, 23 ans, qui se vantait d'être le « plus jeune millionnaire du Québec », vient d'être condamné pour avoir tenu un petit marché noir d'alcool en Estrie. Une chute qui illustre parfaitement les dérives de certains influenceurs qui trompent leur public avec des promesses de richesse facile.
Un train de vie factice sur les réseaux
Ce jeune homme de Granby, suivi par près de 100 000 abonnés sur Instagram, n'hésite pas à étaler un luxe ostentatoire. McLaren, Porsche, résidence sous les palmiers de Miami : tout y passe pour faire croire à une réussite fulgurante. Il prétend même gagner des milliers de dollars quotidiennement grâce à un robot d'intelligence artificielle pour investir en Bourse.
« Dans cette vidéo, je vais vous montrer comment j'ai fait 72 000 $ aujourd'hui. Et oui, vous m'avez bien entendu, j'ai dit en une journée », clame-t-il dans ses publications.
La réalité rattrape la fiction
Mais la réalité est tout autre. Le Québécois a récemment été reconnu coupable d'avoir « vendu des boissons alcooliques sans être muni d'un permis en vigueur ». Cette activité illégale se déroulait à Granby, sur le terrain du Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin.
L'amende de 1 225 $ qui lui a été infligée paraît dérisoire comparée aux sommes qu'il prétend brasser quotidiennement. Les policiers ont saisi de la vodka, des bouteilles de punch, un terminal de paiement Apple, près de 2 000 $ en espèces et divers équipements de vente.
Un récidiviste du commerce illégal
Ce n'est pas la première fois que Daud-Shah se fait prendre. En 2022, il avait déjà été condamné à 2 500 $ d'amende pour vente illégale de tabac dans un stationnement du centre-ville de Granby.
Aujourd'hui installé à Miami dans la communauté de Princeton, l'influenceur dirige l'entreprise Stark EA, qui commercialise le fameux logiciel d'investissement automatisé. Une activité qui soulève des questions sur la réglementation de ces outils financiers et leur promotion auprès d'un public souvent vulnérable.
Les dangers de l'influence sans éthique
Cette affaire illustre parfaitement les dérives d'une certaine économie de l'influence, où l'apparence prime sur la substance. Ces pseudo-gourous de la finance rapide exploitent la naïveté de jeunes Québécois en quête de réussite facile.
Il est urgent que nos institutions renforcent l'encadrement de ces pratiques qui nuisent non seulement à l'économie légale, mais aussi à la crédibilité de notre écosystème entrepreneurial québécois.
Contacté par nos soins, M. Daud-Shah n'a pas donné suite à notre demande d'entrevue.