Le pilote néerlandais Max Verstappen a relancé, samedi soir après les qualifications, sa charge contre l'état déplorable de la piste du circuit des Amériques à Austin, au Texas, où se dispute le Grand Prix des États-Unis de Formule 1. Le quadruple champion du monde reproche au propriétaire du circuit, Bobby Epstein, de minimiser des défauts qui mettent, selon lui, la santé des pilotes en danger.
Ce n'est pas rien : selon les données rapportées par TVA Nouvelles, Verstappen encaissait jusqu'à 9 G en charge verticale dans les bosses l'an passé, comparativement à 6 G dans les virages sur une piste lisse. Des chiffres comparables à ce que subissent des pilotes de chasse militaire.
Une piste « inacceptable », selon Verstappen
L'histoire a commencé jeudi, en lever de rideau du week-end de course. Verstappen avait alors qualifié l'état du tracé texan d'« inacceptable » et de « hors de contrôle », une sortie rapportée notamment par L'Équipe. Le pilote de Red Bull, 29 ans, enrageait surtout contre les bosses qui secouent sa colonne vertébrale à chaque passage.
Le promoteur Bobby Epstein, qui a investi plus de 400 millions de dollars dans son circuit, a réagi durant le week-end sur la chaîne ESPN, comme le rapporte Motorsport. Selon lui, les travaux effectués aux virages 9, 11, 12 et 19 ont réglé l'essentiel du problème. Il affirmait ignorer l'existence d'une forte dépression à l'approche du premier virage, au sommet de la côte au bout de la ligne droite des stands, sinon « il l'aurait réparée immédiatement ».
Les autres ont été réparées. Le tracé est en excellent état. Il (Verstappen) a souvent raison et il est très franc. Je crois qu'il sera surpris, car les bosses ne sont plus là.
Erreur, a tranché le principal intéressé.
« Je l'invite à piloter ma voiture »
Mis au fait des paroles d'Epstein après les qualifications de samedi, Verstappen n'a pas mâché ses mots en zone de la presse écrite.
Ce qui a été corrigé, ce n'est pas suffisant. Il y a encore des virages qui sont inacceptables. Je l'invite à piloter ma voiture. Je crois qu'il en ressortirait après seulement cinq tours et qu'il ne serait plus en mesure de marcher.
Après quatre séances en piste, le Néerlandais a constaté que les correctifs appliqués aux quatre endroits identifiés n'ont mené à rien. Il pointe du doigt les virages 1 et 19, très mauvais à ses yeux, de même que la portion entre les virages 4 et 5, « tellement cahoteuse ».
Verstappen ne se contente pas de critiquer, il propose aussi un diagnostic. « Je comprends que la qualité du sol est problématique, mais ils auraient dû y voir avant la construction. Ce n'est pas une excuse. Ils doivent creuser et améliorer les fondations », a-t-il réclamé, exigeant des changements drastiques pour les prochaines escales du cirque de la F1 à Austin.
Un enjeu de santé au travail, pas un caprice de star
On pourrait être tenté de ranger cette chicane verbale dans la catégorie des querelles de paddock. Ce serait passer à côté de l'essentiel. Quand un pilote parle de charges de 9 G sur sa colonne vertébrale, on parle de santé au travail, pas de confort de milliardaire.
Verstappen l'a dit sans détour : « On ne devrait pas accepter de telles conditions de pilotage, parce qu'elles créent des problèmes de santé. La FIA et la F1 doivent être plus strictes. » D'autres pilotes se sont d'ailleurs plaints de l'état du revêtement durant le week-end, ce qui enlève l'étiquette de chicanage individuel.
Les bosselés dans l'enchaînement de virages à haute vitesse posent aussi un danger bien concret : la voiture bondit, perd de l'adhérence, et le pilote devient passager le temps d'un dixième de seconde. À plus de 300 km/h, ce n'est pas un détail.
Il y a ici une leçon qui dépasse la Formule 1. Quand un propriétaire juge sa piste « en excellent état » pendant que ceux qui la travaillent, littéralement avec leur corps, décrivent des conditions « inacceptables », il faut croire les travailleurs. Epstein a investi des centaines de millions dans son circuit, et c'est respectable. Mais l'argent investi ne remplace pas l'écoute de ceux qui prennent les risques.
Que reproche exactement Max Verstappen au circuit des Amériques?
Il reproche des bosses et une dépression au premier virage qui créent des charges verticales jusqu'à 9 G, dangereuses pour la colonne vertébrale des pilotes et pour l'adhérence des voitures à haute vitesse. Il estime que les réparations effectuées aux virages 9, 11, 12 et 19 sont insuffisantes.
Qu'a répondu le propriétaire du circuit, Bobby Epstein?
Sur ESPN, Epstein a affirmé que la piste est en excellent état, que les bosses signalées ont été réparées et qu'il ignorait l'existence de la dépression au virage 1, sans quoi il l'aurait corrigée immédiatement.
Quelles sont les exigences de Verstappen pour l'avenir?
Il demande des travaux en profondeur sur les fondations du tracé et une intervention plus ferme de la FIA et de la Formule 1 sur les standards de sécurité des circuits, arguant que les conditions actuelles créent des problèmes de santé.
