Une femme qui accuse Russell Brand de l'avoir violée dans une chambre d'hôtel en 1999 a confié à la police qu'elle craignait d'être enceinte après l'agression présumée. Le jury de la Southwark Crown Court de Londres a visionné cet enregistrement vidéo le 15 octobre, dans le cadre du procès de l'acteur et humoriste britannique de 51 ans.
Brand fait face à trois chefs d'accusation de viol, trois chefs d'agression sexuelle et un chef d'atteinte à la pudeur. Six plaignantes l'accusent d'agressions commises sur une période de dix ans, entre 1999 et 2009. Il a plaidé non coupable à l'ensemble des chefs.
Ce que la vidéo du témoignage révèle
L'enregistrement présenté au tribunal provient d'un interrogatoire de police mené en 2023. La plaignante y raconte avoir rencontré l'artiste lors d'un événement parallèle au congrès du Parti travailliste de 1999, à Bournemouth. Selon la BBC, citée par TVA Nouvelles, les deux auraient discuté avant de se rendre dans la chambre d'hôtel de la jeune femme pour poursuivre leur conversation.
C'est là que tout aurait basculé. La femme raconte qu'après un passage aux toilettes, elle s'est « figée » en découvrant l'humoriste à demi nu, se « pavanant » comme « une autruche ». Elle aurait supplié son agresseur présumé de s'arrêter.
« Lâche-moi, arrête s'il te plaît. Ça fait mal », a-t-elle déclaré aux enquêteurs. Elle a ajouté avoir fait par la suite des cauchemars dans lesquels elle se voyait enceinte, une peur qui l'a hantée longtemps après les faits.
L'agression aurait duré jusqu'à dix minutes, la laissant terrifiée, en proie à la douleur et avec la sensation de ne plus pouvoir respirer. « Il m'a violée, il m'a poussée sur le lit », a-t-elle confié aux policiers. « Il m'a arraché mes vêtements, il m'a enlevé mon pantalon. Je me souviens de lui sur moi, très lourd. Je sais que j'ai dit non. »
Elle se souvient aussi de s'être demandé si elle devait crier, hurler, tenter de se dégager. « Je ne pouvais plus respirer, ça n'a pas duré longtemps », a-t-elle ajouté, décrivant une détresse totale, celle d'une personne prisonnière d'un corps plus lourd que le sien.
Un comportement décrit comme déshumanisant
Le témoignage frappe par ses images crues. La plaignante a décrit le corps de l'acteur comme « dégoûtant », semblable à celui d'un serpent, sa langue « horrible » comme celle d'un lézard. Elle dit avoir fermé les yeux pendant l'agression, en espérant qu'elle se termine vite.
Elle affirme également que le comédien lui aurait dit, pendant les faits, qu'ils « s'amusaient ». Pire : après l'agression présumée, il se serait comporté « comme si de rien n'était ». Ce détail, en apparence anodin, dit beaucoup du mécanisme du déni chez les agresseurs, et de l'isolement dans lequel se retrouvent les survivantes.
Le lendemain des faits, la douleur était telle que la plaignante a raté son train, incapable de soulever sa valise, rapporte
