Détroit d'Ormuz : un navire frappé, Trump promet une réouverture imminente
Montréal – La tension persiste dans le détroit d'Ormuz, où un cargo a de nouveau été touché dans la nuit de lundi à mardi. Malgré cet incident, Donald Trump maintient un optimisme à toute épreuve, affirmant que les négociations avec l'Iran avancent et que cette voie maritime stratégique pourrait rouvrir dès mardi.
« C'est la dernière chance qu'ont les Iraniens de signer un bon document », a lancé le président américain depuis la Maison-Blanche, évoquant des discussions portant sur une réouverture du détroit. Une promesse qui sent le déjà-vu, tant les volte-faces de l'administration Trump sont devenues monnaie courante depuis le début du conflit fin février.
Mais Téhéran nie en bloc. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a été clair : « Nous ne négocions pas avec les États-Unis en ce moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d'Ormuz. » Une déclaration qui contredit directement les propos de Trump, lequel a qualifié ces dénégations de « nouveau mensonge » et de « duplicité incroyable ».
Un détroit sous haute tension
Le détroit d'Ormuz, véritable artère du commerce mondial des hydrocarbures, est de nouveau verrouillé par Téhéran depuis que le processus de sortie du conflit a déraillé début juillet. L'Iran n'autorise qu'un seul itinéraire le long de ses côtes et envisage d'imposer des frais de passage, une initiative rejetée par les États-Unis et contraire au droit de la mer.
Dans la nuit, un cargo a été frappé par un « projectile inconnu », selon l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO. Aucun blessé ni dégât n'a été rapporté dans l'immédiat. Mais le message est clair : les navires qui s'aventurent sans l'autorisation de Téhéran en font les frais.
Le jeu trouble de Trump
Donald Trump a lui-même reconnu que le détroit était « totalement contrôlé » par la marine américaine, tout en avertissant que le blocus des ports iraniens ne serait levé qu'en cas d'« accord » ou de « capitulation totale ». Une rhétorique qui rappelle ses menaces de « frapper fort » la République islamique, avant de suspendre ses plans d'attaque d'ampleur.
Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end, notamment contre des infrastructures énergétiques. Trump a dit y avoir renoncé à la demande de pays de la région, qui selon lui « pensent qu'on a un accord ».
Oman, un médiateur clé
Le sultanat omanais, qui avait déclenché la colère de Téhéran en juin en ouvrant une route alternative dans le détroit, n'a pas fait de déclaration pour l'instant. Mais l'Iran affirme être proche d'un accord avec Oman pour une réouverture. « Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties », a assuré Esmaïl Baghaï.
Une lueur d'espoir, mais dans ce jeu de dupes où chaque camp accuse l'autre de mentir, il est difficile de savoir qui croire. Une chose est certaine : le détroit d'Ormuz reste un baril de poudre prêt à exploser.
FAQ : Ce qu'il faut retenir
Pourquoi le détroit d'Ormuz est-il si important ?
C'est une voie maritime stratégique par laquelle transite une part importante du commerce mondial d'hydrocarbures. Sa fermeture a des répercussions sur les prix du pétrole et l'économie mondiale.
Qui contrôle actuellement le détroit ?
L'Iran en a verrouillé l'accès depuis début juillet, n'autorisant qu'un seul itinéraire. Les États-Unis affirment le contrôler militairement, mais les navires y sont régulièrement attaqués.
Quel est le rôle d'Oman ?
Le sultanat omanais agit comme médiateur entre l'Iran et les États-Unis, cherchant à sécuriser un passage acceptable pour toutes les parties.
Photo : TVA Nouvelles