30es Journées de la culture : 2500 occasions de dire « wow »
Trois jours, 2500 activités gratuites partout au Québec. Les Journées de la culture reviennent pour une 30e édition qui promet de faire vibrer la province, de vendredi à dimanche. Avec pour thème « La culture fait du bien », l'événement offre aux Québécois une foule d'occasions de s'émerveiller, comme le veut la chanson thème Faut que tu dises WOW! du groupe Bleu Jeans Bleu.
Les ambassadeurs de cette édition anniversaire, Mathieu Lafontaine (alias Claude Cobra) et Sophie Fouron, ont accepté de se prêter au jeu des questions-réponses. Rencontre avec deux passionnés qui croient dur comme fer que la culture est un remède essentiel.
Des souvenirs d'enfance qui marquent une vie
Pour plusieurs, les Journées de la culture sont une porte d'entrée vers les arts. Mais qu'en est-il de ceux qui les incarnent cette année ? Leurs premiers émois culturels en disent long.
Mathieu Lafontaine (M. L.) : Au secondaire, je ne voulais rien savoir du théâtre. Pourtant, des amis jouaient dans la pièce de l'école. En y assistant, je voulais fondre dans mon banc, tellement j'étais impressionné. Mais au fil de la représentation, je trouvais ça de plus en plus cool. Je n'étais pas encore prêt à monter sur les planches, mais sans m'en rendre compte, ça a semé une petite graine.
Sophie Fouron (S. F.) : Ma mère nous a emmenées, mes sœurs et moi, au concert Magie rose de Diane Dufresne au Stade olympique en 1984. C'était la première femme au Québec à remplir un stade de cette envergure. Ça a vraiment éveillé quelque chose en moi. Je voulais être Diane Dufresne, je la trouvais tellement hot, avec son cran et son assurance. Et puis, assister à un tel spectacle, c'était magique. J'ai souvent remercié ma mère de nous y avoir emmenées.
La culture, un rendez-vous pour la vie
Les Journées de la culture ne s'adressent pas qu'aux plus jeunes. Les moins jeunes aussi ont leurs habitudes culturelles, et les ambassadeurs ont déjà des projets pour leurs vieux jours.
M. L. : J'espère continuer à aller voir des shows en gang. Tu choisis une case horaire pour vivre quelque chose avec quelqu'un. La culture qui rassemble, c'est ça : se créer des souvenirs, vivre un moment unique. Et pour toujours, avec cette personne, tu as ce petit « T'en souviens-tu ? ».
S. F. : Moi, je vais avoir un calendrier bien chargé à la retraite. J'aime chanter dans les chorales, danser avec mes amies cinquantenaires (on s'appelle les Dancing Grannies), et je suis dans un club de lecture depuis 25 ans avec les mêmes amis. Ces activités culturelles m'habitent, me suivent, et c'est ça qui va me garder en santé.
Le pouvoir réparateur de la culture
Le thème de cette 30e édition, « La culture fait du bien », invite à réfléchir à ce qui nous remonte le moral après une mauvaise journée. Et non, ce n'est pas toujours la musique de son propre groupe !
M. L. : Non, mais des fois mon gars en écoute. L'algorithme nous en envoie, et je les laisse aller sans trop m'en rendre compte. Pas parce que je suis imbu de moi-même, mais je les écoute avec une oreille nouvelle et je vois leur effet sur la face de mon gars.
S. F. : J'ai des chansons pour pleurer. Ça me fait vraiment du bien, c'est très thérapeutique. En fin de semaine, j'écoutais le nouvel hommage à Gilles Vigneault dirigé par Louis-Jean Cormier. Lou-Adriane Cassidy y chante Si les bateaux, une chanson d'amour absolument fabuleuse. Je l'ai écoutée en boucle tout le week-end. La fin est tellement prenante.
Des activités qui sortent de l'ordinaire
Avec 2500 activités au programme, difficile de choisir. Mais les ambassadeurs ont leurs coups de cœur.
S. F. : Cuisine ton quartier, organisée par l'ATSA (Quand l'art passe à l'action), me fascine. C'est un parcours balado dans les parcs de différents quartiers de Montréal. Ça donne la parole à des immigrants et à des gens d'organismes communautaires. On découvre un quartier à travers les récits de ceux qui y habitent. C'est génial comme idée.
M. L. : L'activité qui me fascine le plus, et ce n'est pas parce que Bleu Jeans Bleu et Sophie y participent, ce sont les deux concerts avec l'OSM samedi. Les billets doivent être réservés, mais c'est gratuit. Je trouve ça magnifique de rendre ça accessible. Beaucoup de gens ne verront jamais un show classique de leur vie. Les Journées de la culture leur donnent la chance d'expérimenter des choses qu'ils ne feraient pas autrement.
Ce qui fait dire « wow »
Plus de 300 000 jeunes interpréteront Faut que tu dises WOW! dans leur école dans les prochains jours. Mais qu'est-ce qui fait dire « wow » aux ambassadeurs eux-mêmes ?
M. L. : Le gros wow pour moi, c'est l'accessibilité. Et aussi de voir combien de gens se retroussent les manches pour organiser autant d'activités en même temps.
S. F. : Pour moi, c'est de réaliser à quel point ça nous fait du bien. La culture, c'est la plus belle des prescriptions. On tient ça pour acquis, mais imaginons un monde où tout ça s'arrête. Il faut le marteler et y mettre les sous nécessaires. C'est fondamental pour notre survie au Québec, mais aussi pour notre survie personnelle.
Les Journées de la culture, c'est ce week-end. Une occasion en or de célébrer ce qui nous rassemble et nous fait du bien. Et de dire « wow », tout simplement.