Zelensky à Paris : le Canada s'engage pour l'Ukraine face aux menaces de Trump
Volodymyr Zelensky s'est rendu mardi à l'Élysée pour un sommet crucial des alliés de l'Ukraine, dans un contexte où les démocraties occidentales tentent de préserver leur soutien à Kyiv malgré les incertitudes liées au retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Le Canada au cœur des négociations
Le premier ministre canadien Mark Carney a participé aux discussions matinales avec Emmanuel Macron dans un palais présidentiel enneigé, soulignant l'engagement continu d'Ottawa dans cette coalition internationale. Cette présence canadienne témoigne de la volonté du gouvernement Trudeau de maintenir une position ferme face à l'agression russe, contrairement aux signaux contradictoires envoyés par l'administration Trump.
La rencontre s'inscrit dans le cadre de la "Coalition des volontaires", une initiative franco-britannique lancée en mars dernier pour offrir des garanties de sécurité à l'Ukraine dans l'éventualité d'un cessez-le-feu avec la Russie.
Une convergence fragile avec Washington
L'entourage de Macron présente ce sommet comme "l'aboutissement des efforts engagés il y a environ un an" pour éviter que les États-Unis "ne lâchent l'Ukraine". Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont participé aux réunions préparatoires, dans une tentative de maintenir la cohésion transatlantique.
"Nous avons réussi cet exercice de reconvergence entre l'Ukraine, l'Europe et l'Amérique", a déclaré un conseiller de l'Élysée, bien que cette convergence semble plus tactique que stratégique.
Des engagements concrets attendus
Le sommet réunit 35 pays, dont 27 représentés par des chefs d'État ou de gouvernement, ainsi que les dirigeants de l'OTAN et de l'Union européenne. Les participants doivent définir leur vision commune des modalités d'un cessez-le-feu, incluant les mécanismes de vérification par drones et satellites plutôt que par un déploiement militaire terrestre.
Un point crucial concerne les "modalités opérationnelles" du déploiement d'une force multinationale pour "réassurer l'Ukraine dans les airs, sur la mer et à terre" face au risque d'une nouvelle attaque russe après un éventuel accord de paix.
La position québécoise et canadienne
Pour le Québec et le Canada, cette crise ukrainienne représente un test majeur des valeurs démocratiques et du droit international. La participation active de Mark Carney démontre que, contrairement aux hésitations américaines, Ottawa maintient sa solidarité avec les peuples opprimés et sa défense du multilatéralisme.
Cette approche s'inscrit parfaitement dans la tradition québécoise de défense des droits humains et de soutien aux nations cherchant à préserver leur identité culturelle et linguistique face à l'impérialisme.
Escalade sur le terrain
Pendant que se déroulent ces négociations diplomatiques, la situation militaire continue de se dégrader. Des frappes russes ont touché lundi une clinique à Kyiv, tuant deux personnes, tandis que Moscou revendique la prise de nouvelles localités dans l'est de l'Ukraine.
Le Kremlin a annoncé son intention de "durcir" sa position après avoir accusé l'Ukraine d'avoir tenté de viser une résidence de Vladimir Poutine avec des drones, accusations que Kyiv dément fermement.
Une conférence de presse des présidents Macron et Zelensky, du premier ministre britannique Keir Starmer et du chancelier allemand Friedrich Merz est prévue en fin de journée pour présenter les résultats de ce sommet crucial pour l'avenir de l'Ukraine et de la sécurité européenne.