Survivre à l'hiver québécois : les conseils d'une psychologue pour garder le moral
L'hiver québécois, avec ses longues nuits et son froid mordant, met nos cerveaux à rude épreuve. Mais faut-il pour autant se résigner à broyer du noir jusqu'au printemps ? Absolument pas, répond la psychologue Marie-Pier Lavoie dans son nouveau livre Le cerveau en hiver. Cette spécialiste nous livre ses stratégies pour traverser la saison froide avec le sourire, ou du moins sans sombrer dans la déprime saisonnière qui touche tant de Québécois.
Quand l'hiver nous joue dans la tête
« C'est surtout le manque de lumière qui affecte notre cerveau », explique Marie-Pier Lavoie. Cette réalité bien québécoise bouleverse notre horloge biologique, celle qui régule notre température corporelle, notre cycle de sommeil et même notre appétit. Pire encore, la production de sérotonine, ce neurotransmetteur essentiel à notre bonne humeur, chute drastiquement.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 20 % de la population québécoise ressent les effets modérés de la déprime saisonnière, tandis que 3 % développent des symptômes plus sévères. Les signes ? Une motivation en berne, une fatigue persistante, l'envie de s'isoler et cette humeur maussade si caractéristique. S'ajoutent des symptômes typiquement hivernaux : les fringales de glucides et ce besoin irrépressible de dormir davantage.
La luminothérapie, notre alliée contre les blues de l'hiver
Bonne nouvelle : des solutions existent, et elles sont à notre portée. La luminothérapie trône en tête des traitements recommandés. « C'est moins dispendieux que les antidépresseurs et ça a moins d'effets secondaires », souligne la psychologue. Une méta-analyse de 2005 confirme même son efficacité équivalente aux antidépresseurs.
Le protocole est simple : 30 minutes d'exposition quotidienne à une lumière intense le matin. Les bénéfices se font sentir après une à deux semaines seulement. « Les gens vont se sentir vraiment plus énergisés et avoir moins d'idées négatives », promet l'experte.
Bouger dehors, le remède québécois par excellence
Marie-Pier Lavoie prône une approche bien de chez nous : l'activité physique en nature. « Les gens sont au courant que l'activité physique aide, mais s'exposer à la nature, c'est moins connu », note-t-elle. Les études scientifiques démontrent pourtant les bienfaits sur le cortisol, cette hormone du stress, et la réduction des ruminations négatives.
Son conseil ? Enfiler ses bottes et sortir marcher, même sans motivation initiale. « Une fois qu'on est là, ça nous fait du bien », assure-t-elle. Respirer l'air frais, s'exposer à la lumière naturelle : voilà le cocktail gagnant pour traverser l'hiver québécois.
Cultiver le lien social malgré le froid
L'isolement hivernal, ce piège dans lequel tombent tant de Québécois, doit être combattu. « C'est vraiment un filet de sécurité et un facteur de protection sur la santé mentale », insiste la psychologue. Fini les excuses du type « il fait trop froid » : il faut planifier et adapter nos activités sociales. Que ce soit une marche en raquettes, une séance de patinage ou une soirée de jeux de société bien au chaud, l'important est de maintenir le lien.
Changer notre rapport à l'hiver
« Notre discours interne est super important », rappelle Marie-Pier Lavoie. Plutôt que de critiquer constamment l'hiver et ses désagréments, pourquoi ne pas embrasser son côté cocooning ? Il ne s'agit pas de voir tout en rose, mais de s'adapter intelligemment à cette saison plus exigeante.
L'acceptation fait partie du processus : « De s'imposer le même rythme en été qu'en hiver, ce n'est pas réaliste », conclut l'experte. Se donner le droit à des pauses, à des moments pour soi, voilà peut-être la clé pour réconcilier les Québécois avec leur hiver.