Déprime hivernale : comment garder le moral durant nos rudes hivers québécois
Dans un contexte où nos hivers québécois mettent nos esprits à rude épreuve, la psychologue Marie-Pier Lavoie propose des solutions concrètes dans son nouveau livre Le cerveau en hiver. Une approche qui tombe à point nommé pour nous, Québécois, qui devons composer avec des mois de froid et d'obscurité.
Notre cerveau québécois face à l'hiver
« C'est surtout le manque de lumière qui affecte notre cerveau », explique la psychologue. Cette réalité touche particulièrement notre belle province, où les journées raccourcissent drastiquement. Notre horloge biologique en prend un coup, synchronisant mal notre température corporelle, notre cycle de sommeil et même notre appétit.
La sérotonine, ce neurotransmetteur essentiel à notre bien-être, se fait plus rare. Un phénomène qui explique pourquoi tant de Québécois traînent de la patte durant nos longs mois d'hiver.
Un fléau qui touche 20 % des Québécois
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 20 % de notre population québécoise vit une déprime saisonnière modérée, tandis que 3 % développent des symptômes plus graves. Ces données soulignent l'ampleur du défi que représente l'hiver pour notre santé mentale collective.
Les symptômes ressemblent à ceux d'une dépression classique : baisse de motivation, fatigue accrue, isolement social et humeur déprimée. S'ajoutent des signes particuliers comme l'envie de glucides et le besoin excessif de sommeil. Heureusement, le retour du printemps fait disparaître ces symptômes « comme par magie ».
La luminothérapie : notre alliée hivernale
Marie-Pier Lavoie mise gros sur la luminothérapie, qu'elle présente comme le traitement de première ligne. « C'est moins dispendieux que les antidépresseurs et ça a moins d'effets secondaires », souligne-t-elle.
Le protocole est simple : 30 minutes d'exposition à une lumière intense chaque matin. Les résultats se font sentir après une à deux semaines, avec plus d'énergie et moins d'idées noires. Une solution accessible qui mérite qu'on s'y attarde sérieusement.
Bouger dehors malgré le froid
La psychologue prône l'activité physique en nature, même par temps froid. « Les gens sont au courant que l'activité physique aide, mais s'exposer à la nature, c'est moins connu », note-t-elle.
Les études scientifiques confirment les bienfaits de la nature sur le cortisol et la réduction des ruminations négatives. Sortir, respirer l'air frais et s'exposer à la lumière naturelle deviennent des gestes de résistance contre la morosité hivernale.
Maintenir nos liens sociaux québécois
L'hiver nous pousse naturellement vers l'isolement, mais Lavoie insiste sur l'importance de maintenir nos interactions sociales. « C'est vraiment un filet de sécurité sur la santé mentale », affirme-t-elle.
Exit les barbecues estivaux, place aux soirées de jeux de société, aux marches en groupe ou aux séances de patinage. L'important, c'est de planifier et de s'adapter à notre réalité hivernale.
Changer notre discours sur l'hiver
« Notre discours interne est super important », rappelle la psychologue. Plutôt que de critiquer constamment nos hivers, pourquoi ne pas embrasser leur côté cocooning et apprécier leurs beautés particulières ?
Il s'agit d'accepter un rythme différent, plus lent, et de se donner le droit à des pauses. Une philosophie qui colle bien à notre mode de vie québécois, où l'adaptation aux saisons fait partie de notre identité collective.
Cette approche bienveillante envers notre réalité hivernale québécoise offre des pistes concrètes pour mieux traverser ces mois difficiles, en misant sur nos forces et notre capacité d'adaptation.