Ruba Ghazal à Québec: «Les gens ne sont pas tous conservateurs»
À deux jours de la fin de la campagne électorale, Ruba Ghazal a pris d'assaut la capitale nationale pour défendre les acquis de Québec solidaire. La porte-parole du parti a martelé que les électeurs de Québec ne correspondent pas au cliché conservateur qu'on leur colle trop souvent.
«Moi, je pense que les gens de Québec, contrairement au cliché, ils ne sont pas tous conservateurs. Il y en a beaucoup qui tiennent aux valeurs progressistes, de justice sociale, d'égalité», a lancé Mme Ghazal lors d'une mêlée de presse tenue jeudi en fin de journée.
Une course serrée dans la capitale
La cheffe solidaire n'a pas caché que la lutte sera chaude dans les comtés de Taschereau et Jean-Lesage. Selon l'agrégateur de sondages Qc125, les députés sortants Sol Zanetti et Etienne Grandmont ne disposent que de quelques points d'avance sur leurs rivaux péquistes. Le Parti conservateur, lui, traîne à une dizaine de points derrière.
«Aux gens qui me disent: on est inquiets, est-ce qu'on va perdre Etienne et Sol? Je leur dis non», a affirmé Mme Ghazal, confiante malgré les sondages.
La leader des solidaires a souligné l'apport des deux députés depuis 2018 sur des dossiers qui touchent directement la population: logement, itinérance, transport en commun et qualité de l'air. «C'est grâce à eux qu'on entend parler de ces enjeux-là. C'est eux qui se tiennent debout», a-t-elle illustré.
Un appel au vote lancé aux militants
Devant une salle comble au local électoral de Taschereau, où des militants s'affairaient à téléphoner aux résidants, Ruba Ghazal a lancé un appel vibrant: «J'aime que vous m'aimiez. Mais là, je ne veux pas d'amour, je veux des votes! Amenez vos amis», a-t-elle lancé, sous les applaudissements chaleureux de la foule.
Le PQ vire à droite, selon Grandmont
De son côté, Etienne Grandmont, candidat sortant dans Taschereau, dit sentir un vent de changement chez les électeurs. «J'ai rencontré beaucoup de gens qui me disent qu'ils ont voté pour le PQ toute leur vie, mais qu'ils voient aujourd'hui la déviation à droite du parti, et qu'ils pensent voter pour moi pour la première fois de leur vie», a-t-il raconté.
Le député sortant n'a pas mâché ses mots envers les conservateurs, qui ont fait de la région de Québec leur terrain de chasse principal. Il s'est dit «flabbergasté de voir à quel point Éric Duhaime pense qu'on peut juste prendre l'argent du projet du tramway, qui est déjà commencé, et le transférer sur le troisième lien».
«Le projet est engagé! Soit il ne comprend pas comment ça fonctionne, le développement des grands projets, soit il trompe la population. Et ça, ce n'est pas tellement bon pour la démocratie.»
Québec, terrain de jeu électoral
La région de Québec est de loin celle qui a attiré le plus l'attention des chefs de tous les partis depuis le début de la campagne. À la mi-campagne, plus du tiers (36 %) des arrêts des autocars des chefs avaient eu lieu dans la Capitale-Nationale ou en Chaudière-Appalaches, alors que ces deux régions ne comptent que pour 14 % de la population de la province.
Une chose est certaine: les électeurs de Québec auront le dernier mot. Et si l'on en croit Ruba Ghazal, ils pourraient bien réserver quelques surprises.