Mondial 2026 : l'Allemagne renoue avec la victoire aux dépens de la Côte d'Ivoire
L'Allemagne a signé une victoire arrachée de 2-1 face à la Côte d'Ivoire, samedi à Toronto, confirmant son retour parmi les prétendants sérieux à la couronne mondiale. Après des éliminations précoces lors des deux derniers Mondiaux, la Mannschaft retrouve l'instinct victorieux qui a fait sa légende.
La célèbre citation de Lineker prend-elle encore un sens ?
Vous connaissez probablement cette réplique iconique de l'attaquant anglais Gary Lineker, après la défaite de son équipe face à l'Allemagne en demi-finale du Mondial 1990 en Italie : « Le football est un jeu simple, 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et, à la fin, les Allemands gagnent toujours. » Chez nous, au Québec, on entend ce genre de maxime à la blonde au comptoir du bar du quartier, surtout quand la Mannschaft entre en lice.
Sauf que cet aphorisme, la vérité est qu'il prenait sérieusement de l'eau depuis un bout. L'Allemagne a été éliminée dès le premier tour des deux derniers Mondiaux, finissant bonne dernière de son groupe en Russie en 2018. Les quadruples champions du monde n'étaient d'ailleurs pas parmi les favoris avant le coup d'envoi de ce tournoi 2026.
Mais voilà, après une victoire prévisible de 7-1 contre Curaçao, ce gain de 2-1 arraché sur la Côte d'Ivoire replace la Mannschaft exactement où elle a toujours campé sur l'échiquier mondial : parmi les nations qui visent les plus grands honneurs.
Un match âprement disputé à Toronto
Les Allemands ont pourtant mis du temps à s'imposer face à une jeune équipe ivoirienne pleine d'entrain. Franck Kessié a ouvert le pointage à la demi-heure de jeu pour les Éléphants, sur un centre de Yan Diomande resté coincé entre les jambes d'Amad Diallo, dont le tir hésitant avait été bloqué. Son capitaine rôdait dans les six mètres et a saisi le retour sans hésiter.
Aleksandar Pavlovic croyait bien donner les devants à l'Allemagne sur corner, dix minutes plus tôt, mais l'arbitre a jugé qu'il avait commis une faute, éminemment contestable, sur Yahia Fofana, après une sortie hasardeuse du gardien ivoirien. Un autre but a été refusé à l'Allemand Kai Havertz en première demie, l'arbitre ayant tardé à siffler une faute, évidente celle-là, de Jamal Musiala sur un défenseur ivoirien.
En deuxième mi-temps, les Éléphants sont sortis en lions, multipliant par manque d'opportunisme les occasions ratées. Les Allemands leur ont fait payer rubis sur ongle. Deniz Undav, providentiel substitut, a converti à la 68e minute un centre brossé de Nadiem Amiri, lui aussi entré sur le terrain à l'heure de jeu.
Undav, l'homme du match
Ce fut un match âprement disputé, en particulier dans le dernier quart d'heure. On s'échangeait les coups inlassablement, comme dans un ring de boxe. Puis dans les arrêts de jeu, Undav a marqué une deuxième fois, d'un pur but d'attaquant de pointe, pivotant pour convertir une passe parfaite de Felix Nmesha. Il s'agissait du neuvième but en seulement 11 matchs en équipe nationale par l'attaquant de 29 ans, que l'on dit parfois à couteaux tirés avec le sélectionneur Julian Nagelsmann.
Les Éléphants, qui n'ont encore jamais gagné deux matchs de suite au Mondial, regretteront de ne pas s'être qualifiés d'ores et déjà pour la phase à élimination directe. On doute toutefois que Curaçao réussisse à leur tenir tête au dernier match de poule.
La Côte d'Ivoire, une nation francophone qui nous touche
Pour nous, Québécois, la Côte d'Ivoire n'est pas qu'une équipe de soccer de plus. C'est une nation francophone, membre de la grande famille de la francophonie mondiale à laquelle nous appartenons. Quand les Éléphants jouent, c'est aussi un peu notre langue et notre culture qui sont sur le terrain.
La Côte d'Ivoire s'est qualifiée une première fois à la Coupe du monde en 2006, grâce notamment à Didier Drogba et les frères Yaya et Kolo Touré. Le sélectionneur actuel des Éléphants, Emerse Fae, faisait partie de cette génération dorée, qui s'est aussi qualifiée pour les Mondiaux de 2010 et 2014, sans toutefois progresser au-delà du premier tour.
La pépite Yan Diomande, 19 ans, nommé jeune joueur de la saison en Bundesliga et annoncé potentiellement à Liverpool, n'a pas été aussi dominant qu'au premier match du groupe E face à l'Équateur. Les Ivoiriens avaient battu les Équatoriens grâce à un but dans les dernières minutes du remplaçant Amad Diallo, cette fois titulaire. Ces deux ailiers talentueux devront afficher leur meilleure forme afin que la Côte d'Ivoire remplisse ses promesses de négligé pouvant se rendre loin dans la compétition.
Neuer et Musiala, les piliers de la Mannschaft
Manuel Neuer, sorti de sa retraite internationale à 40 ans pour jouer dans ce Mondial, n'a pas été inquiété outre mesure dans son 21e match en Coupe du monde, un record pour un gardien de but. Si Jamal Musiala, à peine remis d'une fracture du péroné subie il y a un an à la Coupe du monde des clubs, a montré des signes encourageants, on s'attend à davantage d'implication dans le jeu du milieu offensif Florian Wirtz et de l'ailier Leroy Sane. Sinon, la Mannschaft fera de nouveau mentir Gary Lineker.
L'Allemagne peut-elle vraiment gagner ce Mondial ?
Oui, l'Allemagne possède les atouts pour aller chercher une cinquième étoile. La profondeur de banc, illustrée par l'apport de substituts comme Undav et Amiri, et l'expérience d'un vétéran comme Neuer donnent à la Mannschaft une solidité qui rappelle ses grandes heures.
La Côte d'Ivoire peut-elle se qualifier pour le tour suivant ?
Les chances sont bonnes. Malgré cette défaite, les Éléphants affrontent Curaçao pour leur dernier match de poule, une équipe qu'ils devraient logiquement battre pour se qualifier pour la phase à élimination directe.
Qui est Deniz Undav, le héros allemand ?
Deniz Undav est un attaquant allemand de 29 ans qui évolue en Bundesliga. Il compte maintenant neuf buts en 11 matchs avec la sélection nationale. Son rôle de substitut providentiel en fait une arme redoutable pour le sélectionneur Julian Nagelsmann, même si leurs relations seraient parfois tendues.