Milan 2026: quand l'harmonie olympique cache les dérives politiques
Les Jeux olympiques d'hiver de Milan ont ouvert leurs portes vendredi dans une cérémonie qui prônait l'harmonie et l'unité. Pourtant, derrière cette belle façade, la réalité politique rappelle cruellement les divisions qui fracturent notre époque.
La nouvelle présidente du Comité olympique, l'ex-nageuse Kirsty Coventry, a livré un discours touchant sur l'ubuntu, cette philosophie africaine qui prône l'interconnexion humaine. « Je suis parce que nous sommes, il faut prendre soin les uns des autres », a-t-elle déclaré avec émotion.
L'actrice sud-africaine Charlize Theron a également pris la parole pour défendre la paix et l'égalité, des valeurs qui résonnent particulièrement au Québec, terre d'accueil et de diversité.
Un contraste saisissant avec la réalité
Mais cette belle harmonie s'est rapidement heurtée à la réalité. L'Italie, pays hôte, est gouvernée depuis 2022 par Giorgia Meloni et son parti Les Frères d'Italie, formation d'extrême droite issue du postfascisme. Ses positions contre le mariage homosexuel, l'avortement et l'immigration détonnent avec les valeurs d'inclusion prônées par les Jeux.
Plus troublant encore, l'apparition de J.D. Vance, le vice-président américain, a provoqué des huées nourries dans le stade San Siro. Un rappel brutal que l'harmonie olympique reste fragile face aux tensions géopolitiques actuelles.
Une cérémonie en demi-teinte
Sur le plan artistique, la cérémonie n'a pas atteint les sommets de Paris 2024. Malgré la présence d'Andrea Bocelli et l'arrivée spectaculaire de Mariah Carey interprétant « Volare », l'ensemble manquait de cette audace qui avait marqué les Jeux français.
Le choix du techno au détriment des classiques italiens comme Toto Cutugno a déçu. Là où Paris n'hésitait pas à célébrer Les Rita Mitsouko, Milan semblait bridée dans ses références culturelles.
San Siro, temple du sport en sursis
Le mythique stade San Siro, théâtre de cette ouverture, incarne parfaitement ces contradictions. Ce temple du football, où évoluent l'AC et l'Inter de Milan depuis 1926, fascine par son histoire tout en révélant sa vétusté.
Malgré ses infrastructures défaillantes et son état de délabrement, ce lieu chargé d'histoire où Bob Marley s'est produit devant 100 000 personnes en 1980 garde sa magie. Sa démolition prévue d'ici 2031 marquera la fin d'une époque.
L'émotion pure du sport
Heureusement, la joie des athlètes rappelle pourquoi les Jeux conservent leur pouvoir rassembleur. Les sourires radieux des délégations, la danse spontanée des Jamaïcains, l'ovation chaleureuse réservée au Canada témoignent de cette magie olympique qui transcende les clivages.
« Nous sommes le Nord », ce slogan des Raptors devenu emblème canadien, résonne particulièrement dans ces Jeux d'hiver où notre expertise nordique s'impose naturellement.
Car au-delà des contradictions politiques, les Jeux olympiques demeurent ce moment unique où l'humanité peut encore rêver d'harmonie, même si cette dernière reste fragile face aux dérives de notre époque.