Julien Duguay, l'influenceur qui fait honte au Québec
Je méduse. Tu méduses. Il méduse. Nous médusons. Vous médusez. Ils médusent. Voilà ce que fait Julien Duguay, propriétaire de la bijouterie Medusa à Québec, à quiconque suit ses frasques sur les réseaux sociaux. Ce verbe, tiré du mythe grec de Méduse, cette divinité dont le regard changeait les humains en pierre, prend tout son sens devant les propos de cet influenceur qui a choqué le Québec entier lors d'un StreamFest organisé en Floride.
Julien Duguay, c'est le luxe accessible version 2026. Il se filme en offrant des montres Rolex à des clients fortunés ou à des mal-pris qui n'en demandaient pas tant, le tout au volant de sa Lamborghini, une croix argentée se balançant sur son torse tatoué. Un personnage digne d'Elvis Gratton du 418, où le clic-clic-clic rencontre le bling-bling.
Des propos odieux qui dépassent l'entendement
Lors d'un stream en direct, M. Duguay s'est insurgé contre le service à la clientèle de la compagnie qui lui a loué un yacht à 180 000 $ pour sa fine équipe d'influenceurs québécois. Ses propos? « À ce prix-là, tu te mets à quatre pattes pour tous les clients, tu comprends? » Il a même précisé que les employées devraient être « toutes nues » et faire des pipes dans les toilettes. Comme si l'argent justifiait l'humiliation et l'exploitation.
Pire encore, parlant d'une influenceuse qui partagerait la chambre d'un participant, il a évoqué qu'elle se ferait « attaquer ou violer » et qu'on le saurait aux cris provenant de la chambre. Des jokes de viol, comme si c'était drôle. Comme si c'était acceptable.
Un personnage qui n'a jamais caché sa vulgarité
Les influenceurs qui l'accompagnaient en Floride sont catastrophés. Pas bon pour le « brand », ces propos. Ils le fuient désormais. Mais soyons honnêtes : Julien Medusa n'a jamais caché qui il était. Sa vulgarité a toujours été aussi visible que le nez au milieu de la face.
Ce même personnage est derrière le concept dégueulasse de Homeless à Rolex, une téléréalité numérique mettant en scène des sans-abri dans une sorte de Survivor de l'itinérance, où seuls les plus « méritants » avancent dans le jeu. Aider, c'est formidable. Filmer ton aide en excluant des pauvres qui jouent leur vie, c'est de l'exploitation pure et simple.
La vulgarité n'est jamais le crémage, c'est toujours le gâteau
Pourquoi en parler? Parce que ce genre de singerie va occuper une place grandissante dans notre culture populaire. Bienvenue dans l'avenir. L'histoire est symptomatique de notre époque filmée 24/7, cette époque où tout le monde se filme et filme autrui, comme je le soulignais dans ma chronique sur la pornographie du pauvre.
Terminons sur une douce ironie : la Méduse de la mythologie grecque a fait un retour en force comme icône féministe. Julien Duguay-Medusa, lui, n'est pas resté médusé longtemps. Pour se racheter, il offrira des bourses de 10 000 $ à 25 mères seules ou victimes de violence conjugale. Riez pas! Ça va marcher, j'en suis convaincu. La gêne n'existe plus en cette époque.
Que je médusasse, que tu médusasses, qu'il médusât, que nous médusassions, que vous médusassiez, qu'ils médusassent. Si seulement ce verbe pouvait le figer pour de bon.
Une policière au sang-froid impressionnant
Dans un tout autre ordre d'idées, il faut saluer le courage et la retenue de la policière de Côte-des-Neiges. Daniel Renaud avait tout un scoop dans La Presse mercredi : finalement, elle n'a pas tué ce pauvre civil, Michel Mizrahi.
Les images étaient à briser le cœur. Accroupie derrière un immense bac à fleurs, tentant d'éviter les balles du tueur fou, elle a eu une fraction de seconde pour décider si un homme surgissant à sa gauche était le tueur qui la traquait. Elle a pointé son arme sur M. Mizrahi, qui s'est écroulé, mort sur le coup.
On a tous sauté à la même conclusion : elle l'a tué, dans la nanoseconde où elle a dû décider de tirer. Tragique et compréhensible erreur. Mais on sait désormais la vérité : la policière n'a pas tiré sur M. Mizrahi. C'est le tueur armé jusqu'aux dents qui l'a abattu.
Elle a pris la décision, incroyablement juste quand on connaît les circonstances, que M. Mizrahi n'était pas une menace. Une réserve absolument impressionnante dans un contexte de vie ou de mort. J'espère, Madame, que vous allez mieux.
Il s'en est bien sûr trouvé pour blâmer la policière, comme le chef Dagher l'a souligné en invitant les « gérants d'estrade » à faire leur mea culpa. On pense notamment au chef du Parti vert du Québec, qui avait sévèrement blâmé cette policière. Remarquez, dans le conflit Russie-Ukraine, Alex Tyrrell est du bord de Poutine. Ça explique peut-être pourquoi son Parti vert est aussi populaire que la rage du raton laveur aux urnes.