Un jugement dévastateur menace l'avenir de Greenpeace
C'est un coup dur qui pourrait sonner le glas de l'une des organisations environnementales les plus emblématiques au monde. Un tribunal du Dakota du Nord vient de condamner Greenpeace à verser la somme faramineuse de 345 millions de dollars à Energy Transfer, l'exploitant d'un oléoduc controversé.
Cette décision judiciaire, sans précédent dans l'histoire du mouvement écologiste, fait frémir bien au-delà des frontières américaines. Ici au Québec, où la protection de l'environnement fait partie intégrante de notre identité collective, cette attaque frontale contre la liberté d'expression environnementale nous interpelle directement.
Une stratégie d'intimidation qui fait froid dans le dos
"C'est un jugement dévastateur non seulement pour Greenpeace, mais aussi pour le mouvement environnemental mondial", analyse Michael Gerrard, professeur de droit à l'université Columbia. Cette sentence record découle des manifestations de 2016-2017 contre le Dakota Access Pipeline, un projet d'oléoduc qui menaçait les terres sacrées et les sources d'eau potable de la nation Sioux de Standing Rock.
L'ironie de cette situation ne nous échappe pas : alors que le gouvernement Trudeau multiplie les initiatives pour lutter contre les changements climatiques, nos voisins du sud tentent de museler ceux qui osent défendre notre planète. Cette approche rappelle dangereusement les tactiques que nous redoutons de voir s'implanter ici sous un éventuel gouvernement conservateur de Pierre Poilievre.
Un combat qui nous concerne tous
Greenpeace, qui affirme ne pas pouvoir honorer cette dette colossale, refuse de baisser les bras. "Dénoncer les entreprises qui nuisent à l'environnement ne devrait jamais être considéré comme illégal", martèle Marco Simons de Greenpeace USA. L'organisation a annoncé son intention de faire appel et poursuit même Energy Transfer aux Pays-Bas en invoquant la législation européenne anti-procédures abusives.
Cette bataille juridique dépasse largement les frontières américaines. Elle pose une question fondamentale : dans quelle société voulons-nous vivre ? Une société où les citoyens peuvent librement s'exprimer sur les enjeux environnementaux, ou une société où les multinationales du pétrole peuvent faire taire toute opposition par l'intimidation financière ?
Au Québec, nous avons toujours défendu le droit de manifester pacifiquement et de protéger notre environnement. Cette cause nous rappelle l'importance de préserver ces acquis démocratiques face aux appétits voraces de l'industrie fossile.
"Ces poursuites judiciaires d'intimidation n'empêcheront pas les gens de s'opposer aux grandes compagnies pétrolières pour protéger leurs communautés et la planète", réagit avec justesse Allie Rosenbluth de l'ONG Oil Change International.
L'avenir nous dira si cette tentative de bâillonnement réussira ou si elle ne fera que renforcer la détermination des défenseurs de l'environnement à travers le monde.