Swan Song : le frère de Diana règle ses comptes avec Charles III
Charles Spencer, le frère de la princesse Diana, ne mâche pas ses mots. Dans son livre-choc Swan Song : Diana, My Sister, lancé mardi, il s'en prend vertement à la famille royale britannique, et tout particulièrement au roi Charles III. Près de 30 ans après la mort de « Lady Di », le 9e comte Spencer vide son sac, et ça fait jaser jusqu'au palais de Buckingham.
Charles III dans la mire du frère de Diana
Selon Charles Spencer, l'ex-époux de Diana, alors prince de Galles, aurait affiché une « jovialité insouciante », comme s'il « avait gagné au loto », lors d'un appel téléphonique après l'accident qui a coûté la vie à la princesse, le 31 août 1997 à Paris. Pour l'auteur, l'héritier du trône voyait dans ce drame l'occasion « d'épouser la femme qu'il aimait », Camilla, aujourd'hui reine.
Le livre revient aussi sur un différend entre les deux hommes au sujet de la participation des princes William et Harry à la procession derrière le cercueil de leur mère. Charles Spencer accuse le souverain d'avoir montré du « mépris » envers Diana et d'avoir prédit qu'elle serait « bientôt oubliée ».
Ces allégations ont provoqué une réaction rare du palais de Buckingham, qui a démenti la version des faits. « La douleur d'un deuil fraternel peut obscurcir la raison, affecter le jugement et altérer les souvenirs », a fait valoir un porte-parole de Charles III. Une réponse qui n'a pas ébranlé Charles Spencer, 62 ans, qui a maintenu ses accusations dans le Mail on Sunday, reprochant au roi de mettre en doute son témoignage.
Élisabeth II pas épargnée
La défunte reine Élisabeth II n'est pas en reste. Charles Spencer raconte qu'elle aurait d'abord réagi de manière « irritée » en apprenant l'accident de Diana, lançant : « Qu'est-ce qu'elle a encore fait ? », avant de mesurer la gravité de la situation. La souveraine aurait ensuite proposé de restituer à Diana son titre d'altesse royale, retiré après son divorce en 1996. Une offre que son frère a refusée.
À l'époque, la reine avait été critiquée pour sa froideur apparente, en décalage avec l'émotion mondiale suscitée par la mort de la princesse.
Des « contre-vérités » à corriger, dit-il
Charles Spencer, ancien journaliste et auteur d'ouvrages sur le domaine familial d'Althorp où repose Diana, affirme avoir écrit ce livre par « devoir » de témoin. Il veut aussi corriger des « contre-vérités qui se sont imposées au fil du temps ». Mais des sources proches du palais dénoncent « l'hypocrisie » du frère de Diana, qui expose l'intimité de sa sœur tout en accusant les tabloïds de l'avoir harcelée de son vivant.
Le livre, déjà en 12e position des meilleures ventes sur Amazon UK, a été vendu pour traduction dans 12 langues. Dans une librairie de Londres, Mary Scheible, une Américaine de 69 ans en vacances, l'a acheté sans hésiter. « J'ai toujours été fan de Diana. J'ai surtout envie d'en savoir plus sur son enfance et ses relations avec son frère et ses sœurs », dit-elle. « J'ai vu des phrases qui ont peut-être été sorties de leur contexte », ajoute la retraitée, qui veut se « forger [sa] propre opinion ».
Un parallèle avec Harry et Meghan
Dans un entretien à la BBC diffusé dimanche, Charles Spencer établit un parallèle entre le traitement médiatique réservé à Diana et celui subi par le prince Harry et son épouse Meghan, récemment réinstallés au Royaume-Uni. Il dénonce « une influence délétère » et un « poison », des mots qu'il avait déjà employés dans son éloge funèbre remarqué aux obsèques de sa sœur.
Mohamed al-Fayed dans la tourmente
Le livre rapporte aussi que Diana « n'aimait pas Mohamed al-Fayed », père de Dodi, mort avec elle dans l'accident. La princesse aurait raconté avec dégoût que le milliardaire égyptien, décédé en 2023 et accusé par des dizaines de femmes d'agression sexuelle, s'était permis des gestes déplacés envers elle, lui disant d'un ton concupiscent : « en Égypte, le beau-père a la primeur ».
Une sortie qui ne manquera pas d'alimenter les débats, tant sur la monarchie britannique que sur l'héritage complexe de la princesse Diana, près de trois décennies après sa mort.