Sondage: le PQ en route vers le pouvoir, mais dans un mouchoir de poche
À quelques jours du scrutin, une chose est claire: les élections de lundi s'annoncent parmi les plus indécises de l'histoire politique québécoise. Le Parti Québécois de Paul St-Pierre Plamondon est en position de former le prochain gouvernement, mais la remontée spectaculaire d'Éric Duhaime en fin de campagne pourrait bien tout chambouler.
Selon le plus récent sondage Léger-Le Journal/TVA Nouvelles, le PQ recueille 29 % des intentions de vote, avec une avance de 16 points chez les francophones. Une avance confortable, certes, mais qui ne garantit pas une majorité de sièges à l'Assemblée nationale.
« C'est l'élection la plus serrée que j'ai jamais mesurée dans ma carrière », lance le sondeur Jean-Marc Léger.
Un scrutin historique à cinq partis
Pour la première fois, cinq formations politiques ont de réelles chances de faire élire des députés. Un fait inédit qui rend les prédictions hasardeuses, même pour les sondeurs les plus expérimentés.
« S'il y avait élection aujourd'hui, le gouvernement serait minoritaire, analyse M. Léger. Mais avec des luttes à trois, voire à quatre, personne ne peut vraiment prédire le résultat. »
Trois facteurs ajoutent à l'incertitude: les mouvements de dernière minute dans l'opinion, la mobilisation des militants et le vote stratégique. Autant d'éléments qui pourraient faire basculer des circonscriptions entières d'ici lundi.
La montée fragile des conservateurs
Les libéraux de Charles Milliard occupent le deuxième rang avec 25 % des appuis, mais peinent toujours à séduire les francophones, malgré une légère progression en campagne.
Les conservateurs, eux, surfent sur une vague de fin de parcours. Éric Duhaime grimpe à 20 % et se classe deuxième chez les francophones. Sa popularité dans la région de Québec fait maintenant « tache d'huile » dans les comtés voisins.
Mais attention, cette montée reste fragile. Le PCQ peine à percer chez les 55 ans et plus, le groupe le plus susceptible de se déplacer aux urnes. Et sa percée chez les non-francophones ne se traduit pas nécessairement en sièges.
La CAQ au bord du gouffre
Pendant ce temps, l'effondrement de la CAQ se poursuit. Christine Fréchette ne récolte plus que 14 % des intentions de vote, une chute de 10 points depuis le début de la campagne. Une vaste majorité de citoyens réclament un changement de gouvernement.
Difficile de prédire quelles circonscriptions pourraient encore arborer le bleu caquiste après lundi. M. Léger évoque toutefois des victoires plausibles en région, où l'identité du candidat pèse plus lourd. Il cite Lévis, où se présente le ministre sortant Bernard Drainville, et Trois-Rivières, fief de la cheffe caquiste.
Québec solidaire en difficulté dans la capitale
Québec solidaire remonte légèrement au niveau national, mais avec un maigre 8 % dans la région de la Capitale-Nationale, le parti de gauche aura du mal à conserver ses deux sièges sur le territoire du maire Bruno Marchand.
« Les comtés de Taschereau et Jean-Lesage sont en forte difficulté », souligne Jean-Marc Léger.
Méthodologie du sondage
Un sondage web a été réalisé du 30 septembre au 1er octobre 2026 auprès de 1000 Québécois âgés de 18 ans ou plus. Les répondants ont été recrutés aléatoirement à l'aide du panel en ligne de LEO. Il n'est pas possible de calculer une marge d'erreur sur un échantillon tiré d'un panel, mais, à titre comparatif, la marge d'erreur maximale pour un échantillon de cette taille est de +/- 3,10 %, et ce, 19 fois sur 20.
FAQ: Ce qu'il faut savoir sur les élections québécoises
Quand auront lieu les élections?
Les élections se tiendront lundi, après une campagne éclair de 39 jours.
Quel parti est en tête dans les sondages?
Le Parti Québécois mène avec 29 % des intentions de vote, suivi des libéraux à 25 % et des conservateurs à 20 %.
Le PQ aura-t-il une majorité?
Rien n'est moins sûr. Selon les sondeurs, le gouvernement serait minoritaire si l'élection avait lieu aujourd'hui, et les luttes serrées rendent toute prédiction hasardeuse.