États-Unis et Venezuela rétablissent leurs relations diplomatiques
Dans un tournant majeur pour l'Amérique latine, les États-Unis et le Venezuela ont annoncé jeudi le rétablissement de leurs relations diplomatiques, rompues depuis 2019. Cette décision survient deux mois après la capture de Nicolas Maduro et ouvre la voie à une nouvelle ère de coopération énergétique.
Une réconciliation orchestrée par Washington
Le département d'État américain a confirmé que les deux pays se sont entendus pour « rétablir des relations diplomatiques et consulaires » afin de « faciliter les efforts conjoints » vers la relance économique et la réconciliation. Cette annonce coïncide avec la visite de Doug Burgum, ministre américain de l'Intérieur, à Caracas.
Burgum, reconnu pour sa proximité avec l'industrie pétrolière et minière, s'est montré particulièrement optimiste quant aux perspectives d'investissement. « Je suis très optimiste quant à un environnement dans lequel les investissements vont affluer, non seulement vers le pétrole et le gaz en mer, mais aussi vers l'intérieur du pays », a-t-il déclaré.
Des réformes sous pression américaine
La présidente par intérim Delcy Rodriguez, sous la pression de Washington, a entrepris des réformes majeures. Elle a procédé à une révision de la loi sur les hydrocarbures ouvrant le secteur au privé, promulgué une amnistie pour les prisonniers politiques et annoncé une réforme judiciaire.
Une révision du code minier est également prévue, l'Assemblée devant travailler sur le texte dès lundi. Cette mesure vise à encadrer l'exploitation des richesses minières du pays, notamment l'or, le diamant, la bauxite et le coltan.
L'Arc minier, un territoire convoité mais instable
Le Venezuela concentre son activité minière sur l'Arc minier, un territoire de 112 000 km² particulièrement riche mais instable. Cette zone est marquée par la présence de groupes armés, de guérillas et de gangs organisés.
L'ONG SOS Orinoco tire la sonnette d'alarme sur les conséquences environnementales, rapportant une réduction de 945 000 hectares de forêts depuis 2000 selon l'analyse d'images satellitaires.
Un enjeu énergétique continental
Pour Burgum, cette réconciliation représente une « énorme victoire pour le Venezuela et l'Amérique ». Il souligne l'avantage géographique du pays : « Il faut quatre jours à un pétrolier vénézuélien pour atteindre l'Amérique, contre parfois 40 jours depuis l'Asie ».
Le Venezuela, qui dispose des plus grandes réserves pétrolières mondiales, entend augmenter sa production de 18 % en 2026. Après avoir produit 1,2 million de barils par jour en 2025, le pays vise à retrouver les trois millions de barils quotidiens du début du siècle.
Cette normalisation diplomatique s'inscrit dans la stratégie de l'administration Trump de reprendre le contrôle du secteur énergétique continental, tout en allégeant progressivement les sanctions imposées depuis 2018.