Accord Trump-Iran: le pétrole chute et les critiques fusent
Donald Trump a signé un protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin au conflit déclenché le 28 février. Ce texte débloque des avoirs iraniens et fait chuter le prix du pétrole, mais il est vivement critiqué aux États-Unis, même par les alliés républicains. Le dossier nucléaire est repoussé à de nouvelles négociations en Suisse, tandis qu'au Liban, les frappes israéliennes continuent de faire des victimes.
Pourquoi Trump attaque-t-il ses critiques après cet accord?
Le milliardaire américain n'y va pas avec le dos de la cuillère. Sur Truth Social, Donald Trump a traité ses critiques d'imbéciles, de jaloux ou de stupides. Son argument? La Bourse atteint des sommets et le prix de l'or noir dégringole. C'est la belle affaire pour les portefeuilles, mais on est en droit de se demander si les milliers de morts au Liban et en Iran valent bien un record boursier. La veille, à Versailles, Trump a apposé sa signature sur ce protocole qui met fin, du moins sur le papier, à une guerre dévastatrice.
Quels sont les avantages concrets pour l'Iran?
Du côté de Téhéran, on savoure la victoire. Le président Massoud Pezeshkian parle d'un document historique. Le négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, y voit même l'acte de naissance de l'échec américain. L'Iran a obtenu des concessions majeures. Washington promet le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la suspension des sanctions sur la vente de pétrole. C'est un revirement spectaculaire pour une administration qui se voulait intraitable.
Pourquoi la presse américaine crie-t-elle à la trahison?
Même Fox News, la chaîne chérie de la Maison-Blanche, donne de la voix. On y lit que ce cadre offre d'énormes avantages financiers à l'Iran sans exiger le démantèlement de son infrastructure nucléaire. Le Wall Street Journal estime que Trump cède bien plus qu'il n'obtient. Le sénateur républicain Bill Cassidy n'y va pas de main morte, parlant de la pire bourde en politique étrangère depuis des décennies. C'est dire le niveau de mécontentement dans les rangs conservateurs.
Que se passe-t-il avec le prix du pétrole et le détroit d'Ormuz?
L'entente prévoit la réouverture immédiate du détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran depuis le début des hostilités. Le blocus américain des ports iraniens est aussi levé. Conséquence directe, les marchés pétroliers encaissent le coup. Vers 5 h 30, heure de l'Est, le baril de Brent de la mer du Nord perdait 2,06 %, à 77,91 dollars. On se rapproche des niveaux d'avant-guerre, soit entre 60 et 70 dollars le baril. C'est une bonne nouvelle pour l'essence à la pompe, mais le chemin reste long avant une véritable stabilité.
Quel est l'impact de l'accord au Liban?
Le feu n'est pas totalement éteint. Une frappe israélienne a fait un mort au Liban, où les combats se poursuivent, bien qu'ils soient moins intenses. Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, salue une grande victoire pour l'Iran. Il exhorte Beyrouth à cesser les négociations directes avec Israël, engagées sous l'égide de Washington depuis avril. Le président libanais Joseph Aoun maintient toutefois que son processus de paix est indépendant de cet accord auquel Israël n'a pas été associé.
Que va-t-il se passer avec le programme nucléaire iranien?
Le gros du travail s'en vient. Des négociations doivent s'ouvrir vendredi au Bürgenstock, en Suisse, avec le vice-président américain J.D. Vance et Mohammad Bagher Ghalibaf. Les deux pays ont 60 jours pour s'entendre sur le nucléaire. Le protocole parle de dilution sur place de l'uranium hautement enrichi sous la supervision de l'AIEA. Washington y voit une victoire majeure, mais Téhéran refuse de mettre les missiles sur la table. En cas d'accord définitif, un fonds de 300 milliards de dollars, financé par les partenaires régionaux du Golfe, servirait à reconstruire l'Iran. Les pays du G7, réunis en France, saluent une opportunité historique, tout en restant prudents face aux activités balistiques iraniennes.
Que prévoit l'accord entre Donald Trump et l'Iran?
L'accord prévoit la fin des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz, la levée des sanctions sur le pétrole iranien et le déblocage des avoirs gelés. Le programme nucléaire sera discuté dans les 60 prochains jours.
Pourquoi les républicains critiquent-ils cet accord?
Les critiques estiment que Donald Trump a donné trop d'avantages financiers à l'Iran sans obtenir en échange le démantèlement de son programme nucléaire. Des figures comme Bill Cassidy y voient une erreur historique.
Quel est l'impact de l'accord sur le prix du pétrole?
L'annonce de la réouverture du détroit d'Ormuz a fait chuter le prix du baril de Brent, qui s'approche de son niveau d'avant-guerre, entre 60 et 70 dollars.