Le prince de Limoilou a encore frappé. Samedi soir, devant un MTelus bondé et survolté, Souldia a présenté son dernier album, Monstre, avec une générosité qui force le respect. Huit albums en six ans, une productivité qui frôle l'obsession, et un spectacle de près de deux heures où le rappeur québécois a tout donné, sans filet.
Dès les premières minutes, le ton est donné. Sur Diablo, Souldia sort les cornes, puis il se jette dans la foule sur Nouvelle vie, torse nu sur I love U. Les jets de flamme, le pistolet à fumée, les invités surprise : tout y est. Le spectacle s'apparente à un fil TikTok qui ne s'arrête jamais, un carburant qui ne s'épuise pas, reflet d'une époque hyperactive et boulimique.
Un show qui rassemble la famille du rap québécois
Souldia a toujours su s'entourer. Samedi, il a invité sur scène quelques-uns des artisans les plus populaires du rap d'ici : Koriass sur Rêve éveillé, Blynk, White-B, et même Kyzi, venu de Marseille. Fléau Dicaprio, la terreur du Mile End, a répondu présent pour Momentum et Illégal, tandis que Jay Scøtt, absent, n'a été entendu que sur bande pour Grand frère.
Cette propension à collaborer, Souldia la cultive aussi en studio, comme en témoignent ses albums avec Lost, Tizzo et Rymz. Une approche collective qui fait du rap québécois une véritable famille, et qui a fait de cette soirée un moment de communion unique.
La proximité avec le peuple, une marque de fabrique
Sur Le vide, Souldia a quitté la scène pour traverser le parterre, porté par ses fans jusqu'à la console de son. Un geste symbolique pour celui qui a connu la rue, la criminalité et la prison avant de choisir le micro plutôt que les barreaux. Cette authenticité, cette proximité avec ceux qui l'ont porté, est bien réelle. Il n'est pas un « nepo » déconnecté, mais un artiste du peuple, pour le peuple.
Un hommage vibrant aux disparus
Le spectacle a aussi été l'occasion de rendre hommage à sa mère, décédée il y a deux ans, alors que le MTelus s'illuminait de téléphones. Un moment émouvant, suivi d'un pot-pourri rapide où Souldia a évoqué la mémoire d'Infrak, collaborateur du collectif 187, disparu trop tôt. Ces instants de recueillement, rares mais précieux, contrastent avec l'énergie débordante du reste de la soirée.
Des surprises et des honneurs bien mérités
En fin de spectacle, Anodajay, président-fondateur des Disques 7Ciel, a fait irruption sur scène pour remettre à Souldia deux disques d'or, pour Backstage et Non conventionnel. Une surprise que l'artiste, visiblement ému, n'attendait pas. Puis, sur les airs de Mélomane, le public a entonné les « olé olé » du Grand Jojo, avant un rappel enflammé avec Devil en l'air, Ciao et Valentina.
Deux heures d'énergie incendiaire, quinze minutes de calme : on est sorti épuisé, comme après un marathon. Courageux du Beneva, on espère que votre course s'est bien passée. Pour les autres, il est encore temps de voir Souldia sur scène. Une expérience à vivre, un artiste à célébrer.
