Philippe Katerine se dévoile dans un documentaire intimiste: «J'aurais dû disparaître à 20 ans»
Après avoir marqué les esprits lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris en juillet 2024, incarnant un Dionysos bleu et quasi nu, Philippe Katerine se livre avec une rare sincérité dans le documentaire T'es où Philippe Katerine ? de son ami de longue date Gaëtan Chataigner.
Présenté samedi dernier au Festival du film sur l'art de Montréal, ce portrait intimiste d'une heure nous plonge dans l'univers fascinant de l'artiste français de 57 ans, né Philippe Blanchard. Un parcours artistique atypique qui trouve ses racines dans un événement traumatisant de l'enfance.
Une amitié de 40 ans au service de l'art
Sollicité par plusieurs réalisateurs après son coup d'éclat olympique, Katerine n'a accepté qu'une seule proposition: celle de Gaëtan Chataigner, son complice depuis quatre décennies.
«J'ai rapidement dit oui parce que je connais Gaëtan depuis très longtemps et que j'avais une confiance totale en lui. On se connaît depuis 40 ans. Je savais qu'avec lui, ce serait différent des autres», confie l'artiste en entrevue avec Le Journal.
Chataigner, qui a œuvré comme bassiste aux côtés de Katerine et réalisé les vidéoclips de ses succès La banane et Louxor, j'adore, explique sa démarche: «J'avais envie de montrer comment ce jeune homme timide qu'il était quand on s'est rencontrés à l'adolescence se retrouve aujourd'hui à apparaître quasi nu, peint en bleu, devant les caméras du monde entier, déclenchant les foudres de Donald Trump.»
Une renaissance à 8 ans
Le documentaire révèle un moment charnière de la vie de l'artiste: à 8 ans, il a subi une opération cruciale pour corriger une grave malformation cardiaque. Son cœur s'est arrêté pendant 17 minutes, remplacé temporairement par une machine.
«Je pense que ça a été un bouleversement total de ma présence sur Terre. Parce que la non-existence frappait à la porte. Et puis, sans cette opération, j'aurais dû disparaître à 20 ans», révèle Katerine avec une émotion palpable.
Cette expérience de mort imminente a façonné l'homme et l'artiste: «Évidemment, c'est un bouleversement. Je ne pense pas que j'aurais fait tout ce que j'ai fait si je n'avais pas été opéré à 8 ans. Ça a déclenché des choses en moi.»
La surprise de sa propre créativité
En visionnant le documentaire pour la première fois, Katerine a été étonné par l'ampleur de son parcours artistique. «Ça m'a impressionné parce que je ne regarde jamais dans le rétroviseur. Je me suis dit: j'ai fait tout ça, moi ? On dirait un enfant hyperactif, ce que je ne suis pourtant pas du tout.»
Cette prise de conscience l'a momentanément déstabilisé: «En regardant le film, je me suis aussi demandé: mais qu'est-ce que je vais faire après ? C'est comme si j'étais mort ! J'ai été décontenancé pendant un après-midi, puis je suis vite passé à autre chose.»
Le film T'es où Philippe Katerine ? sera présenté le 21 mars à 14h au pavillon Henry-F.-Hall de l'Université Concordia, offrant au public québécois l'occasion de découvrir les ressorts intimes d'un artiste qui ne cesse de surprendre.