Un massothérapeute de Candiac écope de six ans et demi de pénitencier pour agressions sexuelles
Dans une affaire qui soulève des questions troublantes sur la protection des patientes dans le système de santé québécois, François Delorimier-Vallières, un massothérapeute de Candiac, a été condamné vendredi à 79 mois d'emprisonnement pour avoir agressé sexuellement et filmé ses patientes.
La juge Hélène Décarie du palais de justice de Longueuil n'a pas mâché ses mots en qualifiant cette affaire de "cas très grave d'abus de confiance". L'accusé, qui gardait les yeux rivés au sol lors de l'énoncé de la sentence, espérait s'en tirer avec seulement trois ans de pénitencier.
Un prédateur qui exploitait sa réputation
Entre 2015 et 2020, cet ostéopathe avait bâti une solide réputation grâce à son expertise en traitements postopératoires. Il recevait ses patientes dans le sous-sol de sa résidence sur la Rive-Sud, un environnement qui lui permettait d'agir en toute impunité.
"L'accusé a été opportuniste et a transgressé les frontières de l'intimité des victimes", a tranché la magistrate, soulignant la gravité des gestes posés.
François Delorimier-Vallières a reconnu avoir agressé sexuellement 16 femmes, dont cinq à deux reprises. Il a également admis avoir commis des actes de voyeurisme envers huit femmes et des patientes non identifiées, pour un total de 134 événements incluant trois enfants.
Des méthodes particulièrement insidieuses
Profitant de son charisme et de son expertise, le massothérapeute abusait de la vulnérabilité de ses patientes. Il pouvait masser leurs seins pendant de longues minutes, pianoter près de leur vulve ou insérer un doigt dans leur vagin, présentant ces gestes comme des "traitements alternatifs".
Une victime a décrit avoir reçu un massage aux seins "comme celui qu'un amant ferait, plus sensuel que professionnel". Dans certains cas, l'accusé se collait contre ses victimes pendant des manœuvres d'ostéopathie.
Particulièrement troublant, François Delorimier-Vallières filmait et photographiait à leur insu de nombreuses patientes alors qu'elles étaient dénudées. Les victimes ont été "assommées" d'apprendre l'existence de ces vidéos.
Une sentence qui privilégie la dénonciation
La Couronne réclamait neuf ans d'emprisonnement, mais la juge a retenu certains facteurs atténuants, notamment le plaidoyer de culpabilité et l'absence d'antécédents judiciaires de l'accusé.
Cependant, les facteurs aggravants étaient nombreux: le nombre élevé de victimes, les enregistrements clandestins, la gravité des gestes et l'abus de confiance flagrant.
"Il savait très bien qu'il n'avait pas le droit de faire ce qu'il faisait", a affirmé la juge Décarie, privilégiant les principes de dénonciation et de dissuasion dans l'imposition de la peine.
L'ex-massothérapeute s'est vu interdire tout contact avec ses victimes et leur famille immédiate. Il devra également être inscrit au registre des délinquants sexuels pour 20 ans.
Cette affaire soulève des questions importantes sur la supervision des professionnels de la santé alternative au Québec et la nécessité de mieux protéger les patientes vulnérables.