Le Canadien figé à TLMEP : quand nos héros patinent mal devant les caméras
Dimanche soir à Tout le monde en parle, quatre joueurs du Canadien de Montréal ont offert un spectacle navrant qui en dit long sur l'état de notre équipe nationale et de ses rapports avec la culture québécoise.
Un malaise palpable sur le plateau de Radio-Canada
Nick Suzuki, Juraj Slafkovský, Alexandre Texier et Oliver Kapanen ont transformé ce qui devait être une célébration en séance de torture télévisuelle. Pendant 17 minutes interminables, nos supposés héros de la Sainte-Flanelle ont affiché une mine terrorisée, comme s'ils répondaient à des questions sur la géopolitique internationale plutôt que sur leur passion.
Le moment le plus révélateur est survenu quand Guy A. Lepage a abordé la minisérie Heated Rivalry, qui explore une romance entre deux joueurs de la LNH. Une question simple, dénuée de malice, qui a provoqué un froid polaire dans le studio.
La réponse robotique de Suzuki, visiblement préparée par les relations publiques, prônait l'ouverture tout en trahissant un malaise profond. "On ne sait jamais ce qui peut arriver. En tant qu'équipe, on est prêt à accueillir toute personne qui veut sortir du placard", a-t-il récité sur un ton neutre qui contredisait ses propos.
L'exception québécoise mise à mal
Ce qui frappe le plus dans cette prestation lamentable, c'est l'incapacité de ces athlètes à s'inscrire dans notre culture. Pire encore : l'indifférence manifeste du capitaine Suzuki envers le français.
Installé à Montréal depuis 2019, Suzuki n'a prononcé qu'une seule phrase en français : "Je m'appelle Nick Suzuki, ça va". C'est à peine le premier niveau de Duolingo pour le capitaine de l'équipe de la plus grande ville francophone d'Amérique du Nord.
Cette attitude désinvolte envers notre langue constitue un affront à nos valeurs et à notre identité. Comment accepter qu'un joueur grassement payé par nos impôts et nos billets refuse de s'intégrer à notre société ?
Un symptôme d'un mal plus profond
Guillaume Lespérance, coproducteur de l'émission, a tenté de justifier cette performance décevante : "Ces gars-là ne sont pas habitués à rebondir à des questions dans un talk-show". Mais cette excuse ne tient pas la route.
Nos joueurs touchent des salaires mirobolants et bénéficient d'une exposition médiatique considérable. Le service après-vente fait partie intégrante de leur travail, surtout dans une société distincte comme la nôtre qui investit émotionnellement et financièrement dans son équipe.
En comparaison avec un P.K. Subban, qui savait charmer et s'exprimer dans les deux langues officielles, nos quatre représentants ont paru ternes et déconnectés de leur public.
Un réveil nécessaire
Cette prestation ratée soulève des questions fondamentales sur l'engagement de nos joueurs envers la communauté qui les soutient. Dans une époque où les droits des minorités et l'inclusion progressent partout ailleurs, voir nos héros sportifs figés par des questions d'ouverture sociale interroge.
Le Québec mérite mieux que des athlètes qui se contentent de performer sur la glace sans s'investir dans notre société. Nos valeurs de tolérance, d'égalité et de respect de la diversité ne peuvent pas être trahies par ceux qui nous représentent.
Il est temps que le Canadien de Montréal comprenne qu'être l'équipe du Québec implique des responsabilités culturelles et sociales qui dépassent largement les performances sportives.