Le Conseil des arts de Montréal se positionne comme défenseur du milieu culturel
Le Conseil des arts de Montréal (CAM) entend bien prendre sa place dans le débat public. Avec son nouveau plan stratégique 2026-2030 dévoilé jeudi, l'organisme municipal veut devenir le véritable porte-voix du milieu artistique montréalais et contribuer à repositionner notre métropole comme un phare culturel francophone.
« On veut vraiment devenir le porte-voix du milieu artistique », a confié Nathalie Maillé, directrice générale du CAM. « Il n'y a personne qui parle au nom des artistes à Montréal. Donc lorsqu'il y a des enjeux, il faut qu'on prenne la parole, qu'on sorte sur la place publique. »
Cette volonté de donner une voix aux créateurs québécois s'inscrit parfaitement dans la défense de notre spécificité culturelle. Le CAM, qui soutient plus de 350 organismes culturels dans la métropole, compte bien faire rayonner notre identité artistique bien au-delà de nos frontières.
Un budget bonifié pour soutenir la création
La mairesse Soraya Martinez Ferrada, fidèle à son engagement envers le milieu culturel depuis son passage à la TOHU, a bonifié le budget du CAM de 2,5 millions de dollars, le portant à près de 24,5 millions. Mieux encore, elle s'engage à faire grimper ce budget à 30 millions d'ici 2028.
Cette injection de fonds permettra de relancer le programme CAM en tournée avec un budget annuel de 2 millions, tout en injectant 1,5 million supplémentaire dans l'aide au fonctionnement des organismes culturels.
« Depuis cinq ans, tous nos budgets avaient été gelés. On a vidé nos coffres avec nos surplus pour répondre aux besoins des milieux artistiques », explique Nathalie Maillé. « Là, on va pouvoir se renflouer un peu, c'est sûr. »
Rayonnement international et partenariats stratégiques
Le CAM mise également sur le développement de partenariats nationaux et internationaux. L'organisme participera en mars prochain à une mission économique et culturelle en Corée du Sud, accompagné de la mairesse et d'une trentaine d'organismes culturels montréalais.
« Si la mairesse est présente, c'est qu'elle veut insister sur la spécificité culturelle de Montréal », souligne Nathalie Maillé. « La Corée du Sud nous semble être la place la plus innovante actuellement. On veut créer des liens et des partenariats avec des organismes coréens. »
Cette ouverture sur le monde témoigne de la volonté de faire de Montréal une métropole culturelle francophone de premier plan, capable de rivaliser avec les plus grandes villes créatives de la planète.
Modernisation et accessibilité
Le CAM entend également moderniser ses processus en créant un guichet unique pour les artistes. Cette approche simplifiée permettrait aux créateurs de faire une seule demande pouvant déboucher sur plusieurs types de soutien.
« Comment la machine peut mieux répondre aux besoins des artistes et non l'inverse ? », résume Hugo Couturier, directeur des affaires publiques. « C'est notre défi. »
L'ancienne Bibliothèque de Montréal, rue Sherbrooke, qui abrite maintenant la Maison du CAM, pourrait d'ailleurs ouvrir ses portes à d'autres organismes culturels montréalais pour faciliter les échanges et créer une véritable synergie créative.
Alors que le CAM s'apprête à célébrer le 40e anniversaire de son Grand Prix en avril et les 70 ans de sa création par Jean Drapeau, cette nouvelle vision stratégique arrive à point nommé pour affirmer la place centrale de la culture dans l'identité montréalaise et québécoise.