Cuba résiste à l'étau américain malgré les pannes électriques
L'île des Caraïbes vient de traverser une nouvelle épreuve avec le rétablissement de son réseau électrique après plus de 24 heures de panne générale, la sixième en moins de deux ans. Mais au-delà de ces difficultés techniques, c'est toute la résistance d'un peuple qui se dessine face à l'escalade des pressions américaines.
Quand l'électricité devient un enjeu géopolitique
Mardi soir, les autorités cubaines ont annoncé le rétablissement complet du réseau électrique sur l'ensemble du territoire. À La Havane, où vivent 1,7 million d'habitants, les quartiers ont retrouvé l'électricité, mais les délestages ont rapidement repris pour pallier la faible production énergétique.
Cette panne s'inscrit dans un contexte de crise énergétique chronique que le gouvernement cubain attribue directement aux sanctions américaines. L'embargo en vigueur depuis 1962 empêche effectivement Cuba de moderniser son infrastructure électrique vieillissante, créant un cercle vicieux que dénoncent de nombreux observateurs internationaux.
Trump et Rubio montent la pression
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio, lui-même d'origine cubaine, a jugé « insuffisantes » les récentes mesures d'ouverture annoncées par La Havane. Ces dernières permettront pourtant à la diaspora cubaine d'investir dans des secteurs clés comme les banques, l'agriculture et le tourisme.
« Cuba a une économie qui ne fonctionne pas et le système politique est incapable d'y remédier », a déclaré Rubio depuis la Maison Blanche, réclamant un « changement radical ». De son côté, Donald Trump a laissé planer le mystère sur ses intentions, affirmant qu'il « aura l'honneur de prendre Cuba » sans préciser le sens de cette déclaration troublante.
La dignité face à l'adversité
La réponse du président cubain Miguel Díaz-Canel ne s'est pas fait attendre : « Face au pire scénario, Cuba a une certitude : tout agresseur extérieur se heurtera à une résistance indestructible ». Cette déclaration résonne particulièrement au Québec, où la résistance à l'hégémonie continentale trouve un écho familier.
Le dirigeant cubain a également dénoncé le cynisme américain : « Presque tous les jours, les États-Unis menacent publiquement Cuba de renverser par la force l'ordre constitutionnel. Ils utilisent un prétexte révoltant : les dures restrictions d'une économie qu'ils ont agressée depuis plus de six décennies. »
Un peuple pris en otage
Sur le terrain, la population paie le prix fort de cette guerre économique. Rolando, maçon de 55 ans, témoigne avec amertume : « Vivre dans ce pays, c'est une agonie ! Si déjà quand tu as quatre ou cinq heures de courant par jour ce n'est pas une vie, alors avec une panne générale, tout se complique salement ! »
Cette situation humanitaire préoccupante s'aggrave depuis que l'administration Trump a interrompu les livraisons de pétrole vénézuélien et menace de sanctionner tout pays qui fournirait de l'énergie à l'île.
Une leçon de souveraineté
Au-delà des enjeux énergétiques, cette crise illustre la détermination d'un petit pays à préserver son autonomie face à un voisin géant. Pour nous, Québécois, cette résistance cubaine rappelle l'importance de défendre nos propres choix de société face aux pressions extérieures.
Comme l'a souligné Tanieris Diéguez, numéro deux de l'ambassade cubaine à Washington : « Rien qui concerne notre système politique ne fait partie des négociations, et n'en fera jamais partie. » Une leçon de dignité qui mérite notre respect, même dans l'adversité.