Juste une illusion : le cinéma comme machine à remonter le temps
Après avoir conquis le monde avec Intouchables, le duo Éric Toledano et Olivier Nakache revient avec Juste une illusion, une comédie douce-amère qui débarque enfin au Québec. Le film nous transporte en 1985, dans la banlieue parisienne, au cœur d'une famille juive de classe moyenne. On y suit Vincent, un ado de 13 ans, qui s'apprête à vivre sa bar-mitsvah tout en découvrant les tourments de l'adolescence, bercé par la new wave de l'époque.
Un retour aux sources pour les cinéastes
Pour écrire ce neuvième film, les deux complices, maintenant dans la cinquantaine, ont plongé dans leurs propres souvenirs d'adolescence. Éric Toledano décrit cette expérience comme un voyage sous-marin : « J'avais l'impression de prendre un masque et un tuba pour faire de la plongée sous-marine. » Une manière poétique d'évoquer cette période charnière où l'on perd ses illusions tout en rêvant encore de changer le monde.
Le titre du film, Juste une illusion, n'a pas été choisi par hasard. Les cinéastes avaient d'abord pensé à La nostalgie du futur, avant d'opter pour une référence directe à la magie du septième art. « Être dans la fiction, c'est s'échapper du réel », explique Toledano, qui voit dans le cinéma la plus belle machine à remonter le temps qui soit.
Un film ancré dans son époque, des échos au présent
Le film ne se contente pas d'être une simple nostalgie. Il aborde des thèmes politiques forts des années 1980 qui résonnent encore aujourd'hui : la montée du Front national, les concerts de SOS Racisme avec Harlem Désir, l'arrivée du sida. Autant d'enjeux qui rappellent que l'histoire a des cycles, et que les combats d'hier ne sont pas si loin de ceux d'aujourd'hui.
Le personnage incarné par Louis Garrel affirme croire aux miracles, une idée qui parle personnellement aux réalisateurs. « Olivier et moi, on représente aussi un miracle. Rien ne nous prédestinait à faire du cinéma », confie Toledano, qui prépare déjà leur dixième projet commun.
La musique, personnage à part entière
La trame sonore du film est un véritable voyage dans le temps. On y entend les tubes de The Cure, Téléphone, Joy Division, et le tout se termine sur une scène émouvante portée par la musique de François de Roubaix, composée pour Dernier domicile connu de José Giovanni. Une façon de rendre hommage à ces mélodies qui, comme le dit Toledano, « renferment nos souvenirs d'enfance ».
Avec Juste une illusion, le duo signe une œuvre lumineuse sur le passage à l'âge adulte, portée par une nostalgie qui n'a rien de mélancolique. Un film à voir pour ceux qui croient encore que le cinéma peut nous transporter ailleurs, et nous rappeler qui nous étions.
« Le cinéma est sans doute la plus belle des machines à remonter le temps. » - Éric Toledano
Questions fréquentes sur Juste une illusion
Quand le film sort-il au Québec ?
Le film, sorti en France en avril dernier, arrive maintenant dans les salles québécoises. Les cinéphiles pourront enfin découvrir cette comédie douce-amère sur grand écran.
Qui sont les acteurs principaux ?
Le jeune Simon Boublil incarne Vincent, aux côtés d'Alexis Rosenstiehl dans le rôle du grand frère, et de Camille Cottin et Louis Garrel qui jouent les parents.
Quelles musiques entend-on dans le film ?
La bande sonore fait la part belle à la new wave avec des groupes comme The Cure, Téléphone et Joy Division, ainsi qu'à la musique de François de Roubaix.